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Biseautage manuel du verre

biseautage manuel du verre

Bob The beveler.

Ce court reportage très touchant a été réalisé aux Etats-Unis. Cette démarche est né d’un besoin de communiquer sur la disparition du biseautage manuel du verre. C’est ainsi qu’il se pratiquait à la fin du 19ème siècle dans les anciennes miroiteries.

Bob Zatasvasky à 40 belles années d’expériences. Il très probablement est un des derniers verriers aux Etats-unis à pratiquer cet art manuel. Il travaille encore pour l’atelier d’art verrier “Hyland Studio” de Santa Clara en Californie.

 

D’abord, Il faut savoir, que comme je l’ai déjà cité dans un précédent article, le biseautage manuel du verre à été littéralement “atomisé” par le façonnage industriel miroitier. Ensuite, les coûts très élevés des heures de travail nécessaires à la réalisation de ce type de pièce rendent ainsi les conditions de commercialisations plutôt  très difficiles.

 

 

Ce métier appartient au passé c’est ainsi. De plus sa rentabilité d’un point de vue strictement comptable est quasi nulle (en France en tout cas). Néanmoins Il est très important de souligner que Bob Zatasvasky le fait avec sensibilité et coeur. De cette façon, il nous rappelle une question très simple et très actuelle à l’heure ou la notion même de travail est remise en cause par les mutations technologique.

En conclusion:

En fait, qu’est ce qui fait la richesse d’un métier ? Est ce sa valeur en terme de rentabilité financière, ou serait-ce peut-être, autre chose. Des notions, comme sa transmission, ou l’intelligence de la main et du coeur mis au service d’une fabrication soignée qu’elle soit intellectuelle, ou purement manuelle… Quelques parts, quelque-soit le domaine, nous sommes sans doutes tous des artisans. Nous sommes capable d’apporter du soin a ce que nous pouvons fabriquer. Des objets, des oeuvres ou des idées pour les faire perdurer un peu le temps d’une transmission au court de nos courtes vies…

 

Film réalisé et produit par Filmkik .com

Source du lien :  Page Facebook de Dave. A Smith

Bob The Beveler

Vidéo sur le Biseautage manuel du verre

La décoration sur verre

Découpe du verre

Métiers de la décoration sur verre (plat) :

Il y a un peu moins de deux siècles c’était, fabriquer et découper du verre, ou le peindre à l’aide d’émaux (Grisaille) pour réaliser des décors figuratifs dans la réalisation de vitraux (école de Metz) …
… C’était façonner et graver des morceaux de verres colorés ou clair à l’aide de roues et qui pouvaient le cas échéant être argenté ou poli…
…C’était également vers 1878 graver et dépolir à l’aide d’acides pour réaliser des décors destinés à la décoration de vitrines et autre panneaux décoratifs….  A partir de 1871 graver par sablage c’est-à-dire projection d’abrasif sur une surface vitrée….
… Et bien sûr c’était aussi la décoration sur verre à vitre imitant la dentelle mousseline émaillé à chaud, pour limiter la transparence et donc les regards … artisanalement d’abord, industriellement ensuite…

 

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Avec son passé prestigieux et issu de la construction des cathédrales le vitrail bien sûr perdure et traverse les époques ne serait-ce que grâce aux besoins de  restaurations du patrimoine…
Pour  la décoration sur verre la gravure à l’acide artisanale (1878) à quasi disparue on la retrouve néanmoins en industrie pour le dépolissage simple. Mais Il existe aussi une production industrielle verrière par gravure acide de décors non figuratifs, en Espagne, Chine et Europe centrale, ainsi qu’une tradition de verre dépoli aux Etats-Unis…

En France, que cela soit pour la gravure et façonnage du verre par des meules, ou les techniques de gravure par acide ou sablage, elles ont perduré tant bien que mal, pendant longtemps au sein de miroiteries. le métier de « Miroitier» n’existant au  début du 19ème siècle que sous la forme de vitrier, graveur-façonneur argenteur, c’est surtout avec l’arrivée de procédés perfectionnant la fabrication du verre par coulé chez St-Gobain vers 1890 et  par étirage, Fourcault-Gobbe (opérationnel après 1918), que ce métier a considérablement évolué intégrant à la fois la découpe, le façonnage, la gravure par acide, la décoration, la dorure et l’argenture. Pour le sablage de grands miroitiers comme les ateliers Gerrer à Mulhouse lui donnèrent ses lettres de noblesses durant la période art-Déco (1920). Ensuite cela a changé dans les années 1980 ou les verriers parisiens Guillaume Saalburg et Bernard Pictet, donnèrent un nouveau souffle à la décoration sur verre plat, la faisant évoluer de son état traditionnel  vers une vision plus contemporaine et architecturale du matériau.

Pour le verre mousseline étant associé étroitement à la production du verre par manchons, il a disparu à l’arrivé des procédés de fabrications  par étirage comme en 1925 pour la verrerie de Boisse- Penchot.  Il ne reste matériellement pas grand-chose de ces procédés de fabrications par émaillage à chaud,  la génération de verriers en ayant produit s’étant totalement éteinte…

La liste à jour de toutes les formations verre est disponible sur la page suivante de L’INMA (Institut National des Métiers d’Arts)
http://institut-metiersdart.org/formation-metiers-d-art/recherche-formation-jeunes?order=name_2&sort=desc&secteur=203
Pour aller plus loin, il y a les numéros 251 et 262 de la très belle revue « Métiers d’Arts » aux éditions Fatton : http://www.metiersdart-magazine.com/

 

Et demain ?

Avec ses 90 000 M2 de vitraux, le métier de verrier vitrailliste perdurera sans aucun doute en France…  celà risque d’être très différent pour les métiers liés à  la décoration sur verre (plat) sur le plan artisanal pure,  le principal frein (mais il y en a d’autres…) étant les normes de sécurité en lieux publics et privés qui laisseront de moins en moins de place à tout traitement artisanal du verre, aux profits de matériaux verriers toujours plus industrialisés et complexes… L’arrivée de l’impression numérique, des cristaux liquides et autre panneaux photovoltaïques transparents, vont bouleverser l’usage des matériaux verriers, dans un avenir proche.  Celui-ci devenant support d’information interactif quel sera la place de son usage décoratif demain vis à vis des techniques de décorations actuelles ?  Le verre de demain se passera de volets ou de stores, il pourra même changer instantanément de teinte… et sera également beaucoup plus solide grâce à de nouveaux procédés de durcissements…ces métiers pour perdurer devront s’adapter à ces nouveaux usages ou rentrer dans l’ombre se limitant à la revente de productions industrielles toujours à la recherche de nouvelles parts de marchés aussi petites soient-elles… Espérons que les centres de formations auront bien pris la mesure de ces évolutions…

En attendant et pour rêver un peu ci-dessous l’incontournable vidéo du verrier Américain Corning…