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Verre Soleil 1912 Partie – 1

1912, une plaquette publicitaire de la société continentale du verre soleil, nous vante les mérites d’un vitrage imprimé à la fois prismatique et lenticulaire. (Le texte est presque littéral donc légèrement adapté.)

Plaquette Publicitaire verre soleil 1912

Verre soleil prismatique 1912

Messieurs les architectes et ingénieurs, IMPOSEZ toujours dans vos cahiers des charges, projets ou devis : Le verre Soleil. Le seul qui soit prismatique et lenticulaire à la fois et vous n’aurez jamais d’ennuis. DEFIEZ VOUS des autres verres ou des produits similaires qui ne sont que des réflecteurs imparfaits.

 

Description du verre soleil.

 

Le Verre Soleil est dans la construction ce que sont l’air et la lumière dans la vitalité humaine.

 

Le Verre Soleil est le collaborateur précieux pour l’architecte. Il lui permet de tirer parti de toutes les dispositions d’un immeuble où se trouvent des endroits sombres, en leur donnant de la clarté.

 

Le Verre Soleil possède un dispositif absolument nouveau, basé sur les lois optiques de Fresnel, déjà mis en application pour l’éclairage des phares. Ainsi ils permettent de faire entrer dans le domaine de la pratique, la combinaison scientifique des prismes et des lentilles. En effet l’accouplement heureux qui en a été fait a permis de fabriquer le Verre-Soleil de deux manières différentes : La première avec une face prismatique et l’autre lenticulaire, La seconde avec une face plane et les prismes et lentilles accouplés sur l’autre face. Cette adjonction des lentilles aux prismes permet de projeter, suivant les lois physiques connues des rayons lumineux dans toutes les directions.

 

Les lentilles reçoivent les rayons solaires en un centre appelé foyer lumineux. Ainsi tombant sur les prismes il les grossit environ 3 fois 1/2. Ils sont ensuite projetés au moyen des prismes, sur une longueur de 20 à 25 mètres. Eclairant ainsi les endroits les plus sombres, tels que caves, sous-sols, antichambres, cuisines, escaliers…

 

Une face lenticulaire

 

On peut substituer le Verre-Soleil aux vitres ordinaires en le plaçant dans les parties des fenêtres qui reçoivent la lumière. Tout d’abord la face prismatique recueille, sous les incidences les plus variées, les rayons lumineux. Ensuite la face lenticulaire les multiplie et les diffuse à l’infini dans le local. Ce même local se trouve alors éclairé dans toutes ses parties et avec le maximum d’intensité désirable.

Verre soleil prismatique

Les verres prismatiques de 1912

Or, ce résultat ne peut être obtenu avec les verres prismatiques ordinaires, qui, s’ils projettent la lumière, ne la diffusent pas. Un verre plat (fig .3) ne reçoit, en effet et forcément, qu’une quantité de lumière correspondant exactement à sa surface. Mais un verre bombé lenticulaire (fig. 4) reçoit une quantité de lumière dix fois, cent fois, mille fois plus grande. Il se comporte comme l’objectif d’un appareil photographique, qui prend d’autant plus d’espace qu’il est plus convexe.

 

La disposition combinée des prismes et des lentilles établit donc, théoriquement et pratiquement, la supériorité incontestable du Verre Soleil. Avec ce verre, toute la lumière du jour est captée et utilisée, multipliée à l’infini. Le tout sans projections de rayons éblouissants et sans aucune perte dans la transmission des ondes lumineuses dont le pouvoir éclairant se trouve considérablement augmenté.

 

Des économies sur l’éclairage artificiel

 

Par l’emploi judicieux du Verre-Soleil, on peut par conséquent remédier au défaut d’éclairage occasionné par le peu de largeur des rues. Mais aussi la dimension restreinte des cours et la hauteur des maisons dont les étages intérieurs sont presque toujours insuffisamment éclairés.

Lumiere et verre plat

Le Verre Soleil permet donc de réaliser une très grande économie sur l’éclairage artificiel obtenu par le gaz ou l’électricité. En répandant à profusion les ondes lumineuses naturelles, il offre l’avantage de ne pas dénaturer les couleurs et de rendre plus agréable le séjour dans les locaux jusqu’alors mal éclairés. Surtout Il supprime, à certaines heures, l’emploi du gaz, des lampes etc… qui dégagent toujours des vapeurs délétères. Il améliore ainsi considérablement les conditions d’hygiène.

verre prismatique lenticulaireEnfin, en rendant plus clairs les bureaux, magasins, ateliers, il facilite le travail du personnel alors employé. Il permet ainsi de produire une besogne plus efficace et plus grande avec un minimum de fatigue.

Quant à la solidité du Verre Soleil, elle est par la disposition même des prismes perpendiculaires aux lentilles, supérieure à celle de tous les autres verres.

Le Verre Soleil ne chauffe pas, bien au contraire ! En diffusant les rayons solaires, il évite la concentration calorique. Il supprime par conséquent tout danger de combustion des matières inflammables. Enfin, pour les bureaux, magasins, etc… il remplace les verres dépolis, gravés et autres, en offrant sur ceux-ci, l’avantage d’augmenter la lumière au lieu de la diminuer.

 

A suivre….

 

Sources:  Plaquette publicitaire de la société continentale du verre soleil. Imprimerie Gamichon, Bisschop et Maignan Paris 1912.

 

Le verre prismatique

Parmi les productions des verreries de la fin du 19ème siècle, on trouve des verres à vitres aux propriétés lumineuses: Le verre prismatique. Ce vitrage étrange, à été produit par Saint Gobain / Chauny et Cirey et Breveté SGDG. Il fait surtout partie des verres fabriqués avec le procédé de Mr Chance (GB) exclusivité de Saint-Gobain entre 1890 et 1914.

 

En fait, Il s’agit d’un verre coulé qui a la propriété d’amplifier la lumière naturelle du soleil. Ils était utilisé pour :

 

Pour mieux comprendre, voici ce qu’en disaient des catalogues de l’époque vers 1908 et 1912.

Le verre prismatique.

Slogan : Nous affirmons que seul Le Verre du jour peut s’emparer de la lumière du jour, l’augmenter et la diffuser même dans les locaux les plus obscurs.

Le verre prismatique Aniche

Un verre amplifiant la lumière…

 Le Verre prismatique ou verre de jour est basé sur les principes des lois optiques de Fresnel. C’est-à-dire: la réunion des prismes et des lentilles, afin d’attirer la lumière naturelle du jour.  Le but recherché étant ensuite de la diffuser dans les locaux mêmes les plus obscurs. De plus ce vitrage n’exige pas de châssis spéciaux pour sa mise en place. Il se fixe directement dans les feuillures des fenêtres à la manière des verres ordinaires….

 

… Pour l’éclairage des lieux sombres

…Tout d’abord l’emploi du verre du jour est infini. Il est précieux pour l’éclairage des sous-sols, ou l’usage de la lumière est toujours dangereux et coûteux. Que cela soit pour les rez-de-chaussées ou en certaine saisons la lumière brûle toute la journée. Mais aussi pour les écoles, banques, cages d’escaliers, salles de bain, cabinets de toilette, etc…

Ensuite, le verre de jour peut rendre de grands services comme plafonds d’usines, dans les ateliers, soit en toitures vitrées, soit sous lanterneaux.  Enfin, pour finir,  le verre prismatique est bien adapté dans certaines industries qui ne peuvent travailler qu’à la lumière naturelle du jour. Ainsi, ces usines pourront avec son concours augmenter très sensiblement leurs journées de travail dans la moitié de l’année (notamment l’ Automne et hiver).

 

Tarif de l’époque (1912) : 15 Francs du mètre carré.

 

Sources :  Archives physique. D’abord les Tarifs de la Miroiterie Codoni en 1908. Ensuite un tarif de la Société du verre étiré à Paris vers 1912.

Photos 1 : Archives privées de Christian Fournié

Photos 2 : Centre de Mémoire de la Verrerie d’en Haut à ANICHE

Le Verre Cannelé

Présent sur le tarif de la verrerie de Penchot en 1910, le verre cannelé comme son nom l’indique, était un vitrage présentant des cannelures lui donnant une forme ondulée, déformant ainsi la vue. Il se fabriquait par soufflage d’un Manchon de la même manière que le verre à vitre.

L’aspect Ondulé était obtenu par soufflage du manchon à travers un moule cylindrique en laiton présentant de profondes cannelures dans lesquelles le verre venait prendre sa forme. Lors de cette opération le souffleur allongeait son manchon en prenant bien garde de ne pas tourner sa canne. Le canon (cylindre de verre ) ainsi obtenu était ensuite fendu puis étendu comme pour le vitrage clair.

Sources: BNF/Gallica “Les Merveilles de l’Industrie…”