.Histoire du verre

Machine à Jet de sable 1910

Légende ou fait réel…  Voici l’introduction d’un catalogue ancien de présentation des machines de gravures à Jet de Sable de l’ingénieur Alfred Gutmann en Allemagne après 1910.  (Texte littéral)

 

Jet de sable et décoration du verre

“Ce procédé, qui donne des résultats si remarquables, a été découvert par un américain il y a une vingtaine d’années.

La découverte, comme tant d’autres, est due au hasard. Un colon s’était construit une maison dans les prairies du Sud-Ouest, à un endroit oh le terrain était sablonneux.   L’habitation étant exposée à des vents extrêmement violents qui régnaient dans la contrée. Le colon remarqua avec surprise qu’en très peu de temps les vitres de sa maison devenaient mates au point de rendre la vue à travers elles absolument impossible. Ayant remplacé ces vitres par d’autres, celles-ci subirent bientôt le même sort. Le propriétaire attribua ce résultat à l’action des grains de sable projetés avec force par le vent contre le verre.

invention du sablage

Ayant consulté un ingénieur* de passage dans la contrée, celui-ci lui conseilla de protéger les vitres au moyen d’un treillage fin en métal. A une seconde visite, l’ingénieur* constata que le dessin du treillage se trouvait très nettement et très exactement reproduit sur le verre. Cela lui suggéra l’idée de construire un appareil basé sur l’action du sable projeté avec une grande force par une force motrice quelconque, et pouvant servir à décorer toutes espèces d’objets en verre. Les résultats obtenus, comme par exemple la décoration en une demie minute de temps et en des dessins des plus compliqués sur des globes en verre, étonna tous les hommes du métier.

(NDL En fait l’ingénieur en question serait Mr Thilgman inventeur de l’abrasion mécanique par jet de sable)

Alfred GUTMANN

Hambourg – 1885

La société Gutmann fut fondée en 1885 dans ce qui est à présent le quartier de l’Altona Ottensen sur la rive droite de l’Elbe à Hambourg. 

le procédé d’abrasion mécanique par jet de sable et vapeur fut inventé en 1870 par le physicien B-C Tilghman à Philadelphie au Etats-unis. L’invention fut repérée par Alfred Gutmann qui voyait là une innovation majeure pour l’industrie.. Dès 1893 cet ingénieur Allemand déposa plusieurs brevets de machines à jet de sable soit à vapeur soit à air comprimé destinées à diverses applications pour la pierre, le métal et bien sûr le verre.

 

Entete lettre alfred Gutmann

Les usines Alfred Gutmann en 1930

Alfred Gutmann OTTENSEN

Machines de sablage pour le verre

Machine à  jet de sable N°1

Machine a jet de sable 1910

sableuse pour le marquage 1910

 

Cette machine à  jet de sable portative servait uniquement à la gravure de marques de fabriques (Logos). Elle marquait aussi bien les bouteilles que les cylindres et ustensiles en verre, faïence ou porcelaine. La taille du marquage ne dépassait  pas les 35 M/M. Un seul homme suffisait pour son fonctionnement et son rendement atteignait les 300 à 500 Gravures à l’heure.

Appareil à jet de sable N°2

Machine a jet de sable 1910

Sableuse a Manchon en 1910

 

Conscient que ses machines de gravures par jet de sable étaient plutôt destinées à la grande industrie, Alfred Gutmann proposait aussi des machines plus petites. Elles étaient surtout  destinées aux artisans dans le but de les soutenir pour concurrencer les gros fabricants. La machine à jet de sable N°2 avait été conçue à cet effet. Elle était destinée au travaux de gravures et matages (verre dépoli) de verres à vitres sur mesures.

L’appareil peu coûteux était très simple à utiliser. Le sablage se faisait par dessous,  la plaque de verre positionnée à plat sur un jet de sable à la verticale dans une cabine à manchon (passage des mains) et commande au pied. Le rendement était de 5M2 par Heure pour le matage (dépolissage) et 0,6 M2 à l’heure pour la gravure de verre dit “doublé” (plaqué en couleur).

Machine à jet de sable perfectionnée N° 4 et N° 30 et 31 (air comprimé)

 

ancienne sableuse a vapeur

Appareil à jet de sable à vapeur

 

La  machine à jet de sable N°4 était destinée à la production de dessins et ornements en mat sur des matières très dures :

  • D’abord les pierres naturelles ou artificielles, le marbre, le granit, la syénite.
  • Ensuite le verre à vitre, le verre creux, la gobeleterie et la marmorite.
  • Enfin tous les métaux, certains caoutchoucs durcis, et l’ivoire.
  • La machine sert également à user les couches de couleurs du verre doublé ou plaqué. (voir verre diamanté) ainsi qu’au perçage.

 

Mais la particularité de cette sableuse est surtout l’utilisation directe de de la vapeur sous pression de 3 à 4 bars plutôt que de l’air compressé. Au départ l’utilisation de la vapeur pose pas mal de problèmes de température et d’humidité. Alfred Gutmann à résolu ces problèmes par un dispositif ingénieux d’adjonction d’air froid entraînant poussière et vapeur. Comme pour la machine N° 30 le travail se fait à plat par une seule personne.

 

La machine N° 30 est similaire mais fonctionne par air comprimé.

ancienne machine de gravure sur verre

 

 

 

La N° 31 version à jet libre et mobile de la N°30

machine a jet de sable libre en 1910

 

 

La plume à graver le verre

petite sableuse à graver le verre

Plume à graver le verre 1910

 

Cette petite machine a jet de sable ou Plume était recommandée pour des pressions d’utilisation inférieure à 1 Bar. Conçue pour être utilisée à main levée, ce petit crayon à jet de sable servait à la correction des imperfections de gravure sur verre sablée ou maté par acide.

 

NDL: Un appareil très similaire existe toujours aujourd’hui, voir le lien : https://www.paascheairbrush.com/product/aecr/

Le mousselinage du verre

NDL:  Le terme mousselinage du verre se retrouve dans plusieurs documents commerciaux entre 1910 et 1935. Saint-gobain en parle dans ses catalogues de produits spéciaux en 1933. On trouve également ce terme dans un catalogue de la société du verre étiré de 1912. Mais la première trace écrite découverte se trouve dans un article sur les procédés de sablage de la revue La Nature” N° 1309 de 1902. A l’heure actuelle j’ignore totalement à quoi peut ressembler un verre mousseline sablé de l’époque. Ni par l’aspect de surface ni à quel type de décor mousseline cela correspond.  Le fait est qu’en 1910 une machine de sablage avait été conçue pour cela.

 

Machine a jet de sable pour le mousselinage du verre.

 

mousselinage du verre jet de sable 1910

Mousselinage du verre et sa Machine à jet de sable

 

Cette machine de grande taille bénéficie d’une invention breveté sous le numéro 85811 (allemagne) concernant le désablage de l’air dans un aspirateur pour séparer la poussière, l’abrasif et l’air. La machine fonctionne avec un jet de sable vertical sous lequel circule le verre à vitre à l’aide d’une table équipée de rouleaux d’entraînement en caoutchoucs. Le résultat est un sablage très fin très proche de l’aspect du verre dépoli par acide.

 

Le rendement donné  est de de 27 à 45 M2 (ou Mètre linéaire ?) par Heure !!! puissance nécessaire de 8 à 12 CV pour des largeurs de vitrages allant de 750 à 1250 M/M suivant les modèles. La mise en oeuvre se fait par je cite : une ouvrière ! (nous sommes en 1910…)

 

Les Pochoirs de sablage

A noter que le constructeur Alfred  Gutmann propose gratuitement une formation pour la réalisation des pochoirs destinés à la décoration par jet de sable. La méthode est similaire à celle du procédé Picard et Cie déjà décrit précédemment. Cela consistait à graver ou photograver d’abord une plaque de métal par acide, pour réaliser une matrice. Ensuite on recouvrait le tout d’un mélange liquide épais de bitume de judée et de caoutchouc. Enfin comme pour un tampon on posait une feuille de papier de soie qui servait de transfert d’application sur le verre.

Installation de sablage à jet libre en 1910

casque ancien de protection pour le sablage

On parle d’installation à jet libre lorsque l’opérateur est libre de ses mouvements pour guider le jet de sable à l’aide d’un tuyau et d’une buse de sortie de l’abrasif. L’intérêt est de ne pas être limité par la taille des vitrages à graver. L’usage d’une telle sableuse dans un lieu clôt nécessite au moins un casque de protection. Alimenté par air le casque évite d’abord l’absorption des matières nocives en suspension dans l’air. Ensuite il protège les retours des projections d’abrasifs dans les yeux et sur le visage grâce à une visière interchangeable.

 

Plan installation de sableuse 1910

Installation de sablage en 1910 : A: Compresseur, B: Réservoir d’air, C: Sableuse, D: tuyaux du jet libre, E: Table de travail, F: Tuyau d’alimentation en air, I: Conduite d’eau pour le refroidissement, H: Transmission.

Liens et Sources

 

Le mousselinage du verre:

Machines de Sablage:

  • Catalogue original d’Alfred Gutmann 1910 et 1930.

 

 

Marmorite, Opaline et Marbrite Fauquez

Action Pierre de Verre

Parmi les multiples entêtes des fabricants de décors sur verres après 1900, on trouve souvent cité:

  • la Marmorite,
  • l’Opaline,
  • le verre noir,
  • la Marbrite.

 

Ces appellations ne vous diront très probablement rien, c’est normal, ces types de produits verriers opaques unis ou marbrés ont tous entièrement disparu de nos jours.

 

Des produits verriers de revêtements.

Ces produits verriers sont tous de la même famille appelée produits verriers de revêtements.  Voici ce qu’en dit Saint -Gobain vers 1930 dans son catalogue Aniche, le Boussois sur les produits spéciaux.

“L’opaline, les Marmorites et le verre noir sont des produits vitrifié opaques, d’une très grande dureté, inattaquables par les acides et inaltérables à l’air. Ces produits possèdent un pouvoir isolant, identique à celui du verre. Ils ne sont ni poreux, ni gélifs (ne gèle pas), ne s’imprègnent et ne ne se craquèlent pas “

 

Il s’agit surtout de dalles de verres coulées à plat d’épaisseurs variable de 6 à 19 M/M teintées chimiquement dans la masse. Cette famille de produit vient essentiellement d’une invention nommée “Pierre de Verre” *  brevetée par Louis-Antoine Garchey à la fin des années 1880. Ses Brevets furent ensuite cédés à la société St-Gobain Chauny et Cirey vers 1903.**

 

En résumé ces vitrages opaques, imitaient la surface poli du Marbre sans en avoir les inconvénients en termes d’entretiens, de découpes, façonnages, défauts de surfaces compositions, disponibilités et prix.

Les verres opaques Saint-Gobain 1930

Marmorite, Opaline et Marbrite, produits verriers de revêtements.

La MARMORITE

C’est le plus commun de cette famille des produits verriers de revêtements. C’est aussi le plus facile à reconnaître, poli très régulier sur le dessus, la marmorite est striée sur le dessous. Mais il existe des productions polies sur les deux faces. Noire ou blanche la Marmorite pouvait aussi être colorée.

marmorite Rouge griotte

Marmorite rouge griotte

Marmorite rouge

Marmorite Rouge glacerie de Cirey

Marmorite blanche

Morceau de Marmorite blanche

verre ancien noir

Verre noir

Sous face striee de la marmorite

Face striée de la marmorite

Mais c’est surtout en noir que l’on peut avoir des chances d’en trouver encore dans les constructions anciennes et autres anciens commerces. On peut surement la trouver dans les cimetières. En effet, la marmorite à été très prisée par les ateliers de gravures sur verres dès 1900 notamment pour la gravure de plaques mortuaires, ou commémoratives. On peut aussi l’associée à la démocratisation et aux évolutions des procédés de gravures par jet de sable. On trouve même le terme “Marmographie” (gravure d’enseigne sur marmorite). ***  dans des publications de l’époque.

 

Ce produit verrier se prêtait particulièrement bien à la dorure, ou la mise en couleur de lettrages, soit pour la réalisation d’enseignes, tableaux réclames, ou devantures de magasins comme chez le graveur BOUVAIS à Paris…  ou entre autre dans le funéraire comme chez le verrier Albert GERRER à Mulhouse.

plaque marmotite A.Gerrer

Catalogue Marmorite Funéraire Albert Gerrer

Enseigne Bouvais 1927

Glace décorative Bouvais Paris 1927

Enseigne ancienne

Modèle d’enseignes de 1900 Bouvais Paris.

Enseignes Bouvais

Bouvais Gravure sur Marmorite et Opaline

Lettrages gravure sur verre

Modèles de lettres gravées sur verre

Verre Opaline.

 

A première vue l’aspect de la marmorite et de le verre opaline semble très similaire. Les différences principales sont :

 

  • D’abord une planéité plus irrégulière de la surface polie
  • Ensuite, une surface granuleuse en sous face
  • Enfin, même en forte épaisseur, le verre Opaline est plus translucide et laisse passer de la lumière.
Verre opale Blanc

Opaline Blanche

Verre opaline sous face

Opaline sous face

Panneau en opaline

Panneau électrique en verre opaline

Le verre opaline se prêtait bien à la réalisation de plateau de table, et autres mobiliers art-déco des années 30. La compagnie Internationale des Wagons-Lits l’a notamment utilisé pour ses dessus de toilettes de luxe.  

 

On le trouvait aussi dans les installations sanitaires en séparations d’urinoirs, et dans le domaine médical en revêtement mural pour les salles d’opération ou les laboratoires.

 

A signaler aussi les capacités isolante de l’opaline qui en faisait un produit idéal pour la réalisation de tableau de distribution dans l’industrie électrique de l’époque.

 

L’installation de l’opaline pouvait se faire soit par collage au mastic, soit par perçages et vissages.

Marmorite et Opaline Finitions et teintes :

 

Dimensions de productions.

Soit une face polie, une face striée pour la Marmorite, une face polie une face rugueuse pour le verre Opaline.

  • 9 à 11 M/M dimensions maximum: 3240 x 1710 M/M
  • 14 à 16 M/M : 3450 x 2100 M/M
  • 20 à 22 M/M : 3000 x 2100 M/M

Soit les deux faces polies.

  • 6 à 8 M/M dimensions maximum: 3180 x 165 M/M
  • 11 à 13 M/M : 3390 x 2040 M/M
  • 17 à 19 M/M : 3000 x 2100 M/M

A noter les différences d’épaisseurs  de 3 M/M entre les deux versions, qui s’expliquent très probablement par le doucissage mécanique à froid de la face non poli après fabrication.

 

Teintes de productions:

Marmorite : Blanc, noir (verre noir), vert Céladon, crème, bleue azur.

Opaline : Rouge, rouge griotte, mauve, verte.

 

A noter que pour des fabrications au-delà de 150 M2 d’autres teintes pouvaient être fabriquées sur demande.

La Marbrite Fauquez

 

Marbrite Fauquez revêtement

Marbrite Fauquez art-déco

Une marmorite pas comme les autres

 

Des trois produit présentés, la marbrite Fauquez est  le plus créatif et le plus célèbre par son originalité et son utilisation pendant la période Art-Déco. Voici ce qu’écrit Saint-Gobain dans son catalogue commercial de l’époque.

 

“La Marbrite Fauquez fabriquée par les les Compagnies Réunies des Glaces et Verres Spéciaux du Nord de la France dans leur usine de La Longueville (Nord), est un produit opaque, vitrifié dans la masse et qui se présente en grandes plaques lisses sur une face et striées sur l’autre”

” La Marbrite Fauquez doit à la liaison parfaitement homogène de ses éléments constitutifs et à la complète vitrification de ces éléments de pouvoir se découper et se façonner comme le verre…”

” Elle peut également être gravée par jet de sable et recevoir des formes convexes ou concaves par bombage…”

 

La marbrite vient de Belgique

 

En réalité la Marbrite Fauquez, était originaire du village de Fauquez en Belgique puis fabriquée ou commercialisée par accords entre Saint-Gobain et la société anonyme des Verreries de Fauquez créatrice de cette marmorite bien particulière.

A l’origine de cette production on trouve le verrier Arthur Brancart (1870 – 1934) qui lance d’abord la production de marmorites à Fauquez en 1906. A partir de 1913, après avoir fait beaucoup de recherches, il commence à fabriquer des gammes de couleur bien plus étendues que pour la marmorite, avec des effets d’opalescence et de mélange de couleur, grâce à l’addition d’oxydes métalliques, la Marbrite était né.

 

Ce n’est qu’après la première guerre mondiale que la Marbrite Fauquez prendra son essor. La Société anonyme des verreries de Fauquez tissa tout un réseau commercial de “Marbritier” revendeurs, façonneurs et poseurs de ce matériaux, spécialement formés par la société. Un grand hall d’exposition situé à Bruxelle fut installé pour présenter toutes les applications décoratives de la Marbrite.

 

Comme pour la marmorite ou le verre opaline, la marbrite Fauquez, fut très utilisée dans la réalisation de salle de bain, agencement de Magasin, revêtements muraux en intérieur ou extérieur et mobiliers dans le style Art-déco des années 30.

 

Par la suite copiée au royaume uni, la marbrite Fauquez cessera d’être fabriquée en 1964, quant aux verreries de Fauquez , elles fermeront définitivement en 1979.

Marbrite Verte

Marbrite Fauquez couleur vert marbré

Marbrite sous face

Sous face striée caractéristique de la marbrite

Les couleurs vers 1930 :

Blanc, Noir, Crème uni, Crème marbré, Mauve uni, Mauve marbré, Gris perle, Gris marbré, Bleu ciel, Bleu marbré, Saumon uni, Saumon marbré, Vert d’eau uni, Vert marbré, Vert Irlandais, Vert bleuté, Brun, Bleu outremer, Bleu pastel, Rouge corail, Tango, Jaune, Bleu pervenche, Rose chair, Gris moyen, Gris foncé, Vert de mer, Sanguine, Acajou.

 

Dimensions et épaisseurs de la Marbrite Fauquez.

On la trouve d’abord de 6 à 7 M/M  en dimensions  3000 x 1000 M/M

En épaisseur de 12 M/M dimensions  2500 x 1000 M/M

Epaisseur de 18 à 20 M/M  dimensions 2500 x  800 M/M

Liens et Sources

 

Le verrier Arthur Brancart :

 

Verrerie de Fauquez :

 

La chapelle de verre : https://www.chapelledeverre.be/

 

Marbrite Fauquez :

 

Vidéo : https://www.rtbf.be/tv/emission/detail_les-ambassadeurs/actualites/article_la-production-de-marbrite?id=10116131&emissionId=8802

 

Autres sources 

 

Remerciements particulier à Mr Van Lierde pour son don de documents et vitrages anciens.

Les photos des marbrites et marmorites sont celles des exemplaires conservés à l’atelier du verre Mousseline.

Les photos du verre noir et de l’échantillon rouge griotte étiqueté “usine de Cirey” viennent de Mr Diverchy du centre de mémoire de la verrerie d’en Haut à Aniche.

Vitraux Lémal et Raquet 1900 (3/6)

Troisième article sur d’anciens ateliers de fabrications de vitraux  et décorations sur glaces et verres entre 1895 et 1930 sur Paris et le Nord de la France. C’est le résultat d’un lent travail de documentation, aussi merci d’en respecter les droits d’auteurs. Les sources sont citées en bas de page.

Lemal-raquet-peintres-verriers

Entête de l’atelier des peintres verriers Lémal-Raquet Paris vers 1907

LEMAL et RAQUET ou LEMAL, RAQUET et Cie

Verres à vitres, glaces, unies ou décorées, Vitraux d’appartements ou d’églises.

Une Lettre commerciale d’avant 1907.

Tout d’abord une retranscription d’une lettre commerciale, accompagnant plusieurs planches de décors de vitraux d’églises,  plafonds, verrières en émaux colorés.

 

Il existe encore actuellement bien des églises ou des chapelles ne possédant pas de vitraux, ou dont les ouvertures sont simplement garnies de mise en plomb incolore, bien que le vitrail soit le complément nécessaire de tout édifice religieux.

 

Cela tient à deux causes principales :

D’abord à une erreur presque générale qui veut que les secrets de la peinture  aient été perdus, et ensuite, et plus souvent encore à la crainte d’une dépense exagérée.

Or, non seulement la palette du peintre verrier moderne possède tous les tons anciennement employés, mais elle a de plus toutes les nuances nouvelles que les progrès de la fabrication du verre lui ont apportées.

Cette planche (NDL : voir Ci-dessous) présente quelques dessins de verrières qui peuvent être établies dans les meilleurs conditions de prix et d’exécution, soit qu’il s’agisse de personnages ou de médaillons légendaires, soit également qu’on veuille employer de fines grisailles colorées.

A toute demande nous répondons par des maquettes manuscrites accompagnées de devis. ”

Lettre de Lémal et Raquet 1900

Lettre commerciale de l’atelier  Lémal, Raquet vers 1900

Vitraux Lémal et Raquet 1900

Vitraux d’églises Lémal et Raquet vers 1900

Nouvelle decoration sur verre

Nouvelle décoration sur verre 1900

ancien modèle de vitraux 1900

Dessins de décors en émaux colorés

Modèle de vitraux en plafond

Modèle de verrières et plafonds.

L’atelier Lémal et Raquet

Avec Lémal et Raquet renommé Prost & Cie à partir de 1907, nous entrons dans les ateliers de tailles importantes. Surtout dans les fabrications de vitraux mis au plomb mais aussi de vitrages décoratifs. En effet en 1878, Lémal et Raquet sont les repreneurs de la maison Gugnon et Fils. Fondée en 1855 l’atelier Gugnon et Fils était spécialistes des verres mousselines et de décorations à chaud ou à froid sur verres et vitraux.  Louis Napoléon Gugnon à amenés ses fabrications au stade quasi industriel, en déposant plusieurs brevets, notamment sur des fours de cuissons.

D’une superficie de 1200 mètres carrés, l’atelier Lémal et Raquet se situait au 130 Boulevard du Faubourg Saint Denis à Paris. Donc au même emplacement que l’atelier Gugnon. Il employait une cinquantaine d’ouvriers en 1907. Plusieurs procédés de fabrications étaient mécanisés et brevetés S.G.D.G par le directeur d’alors : Mr Prost. A signaler, un four de 24 mètres dédié à la cuisson et vitrification des émaux. Cet atelier verrier était unique en son genre à Paris.

Devanture d'ancien magasin

Devanture de magasin 1900

Ancienne vitrine de magasin

Vitrines de magasins Paris 1900

Aciens vitrages de café

Modèle de Vitrages anciens

Anciens vitrage gravés

Vitrage de portes anciennes

Modèle de gravure sur verre

Modèles de vitrages à l’acide

Nouvelle décoration sur Verre

verre imprime chenille 7 clair NON REPRODUISIBLE

Verre chenillé clair N-7

En 1900, les verres imprimés coulés par Saint Gobain à Chauny et Cirey étaient très novateurs en termes d’esthétique en style “Art-Nouveau“. Le verre mousseline commençait déjà son déclin du moins à Paris. En fait La mode de l’époque vers 1907 était plutôt orientée vers de plus grandes pièces avec émaux de couleurs. Ces vitrages étaient soit peints par empreintes lithographiques soit gravées sur verres émaillés plaqués (Verres diamantés). A noter qu’en plus d’être grossiste en produits verriers de l’époque cet atelier produisait énormément de vitraux ainsi que des vitrages décoratifs gravés par acide. Il commercialisait sa production via des catalogues publicitaires partout en France et à l’étranger.

 

Médailles  d’Or et D’argent

Cotés consécrations, Lémal et Raquet obtint la médaille d’argent à l’exposition universelle de 1878, mais aussi une médaille d’or à l’exposition universelle de 1889 ainsi qu’une mise hors concours pour son procédé de “Nouvelle décoration sur verre moiré*” à l’exposition universelle de 1900.

*Verre imprimé ou chenillé Jeumont ou Chauny et Cirey.

Peinture sur verre moiré

Publicité Lémal. Raquet et Prost

Modèle de vitrage art nouveau

Nouvelle décoration sur verre Moiré.

Modèle de peinture sur verre

Détail du papier Gaufré façon verre imprimé chenillé.

Sources.  D’abord des planches publicitaires originales de l’atelier Lemal, Raquet 1878, 1900, 1907 numérisées par l’auteur à partir des archives de l’atelier de gravure sur verre et Glace LELEU  Lille 1890-1912.

Ensuite un article de l’illustré “Le panthéon de l’industrie” de 1910 : Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Crédit Photo :  Christian Fournié © 2018