.Technique et verre

Le verre givré ou Fleurs de givre

vitrage givré

verre fleurs de givre, ou verre givré à la colle

Le Verre givré ou fleurs de givre qu’est ce que c’est ?

Bien connu sous le nom de glue chipped glass dans les pays Anglo-Saxon où il est régulièrement utilisé dans la réalisation d’enseignes type reverse Glass, ou de verre églomisé, il s’agit en fait d’une gravure sur verr à vitre en forme de feuille de fougère rappelant les fleurs de givre ou verre givré que l’on peut observer pendant l’hiver sur nos fenêtres.

 

L’origine du verre givré

L’origine de la technique est mal connue mais elle semble provenir de techniques de décoration sur verre en volume. A noter que c’est souvent le cas. En effet beaucoup de technique appliquée au verre à vitre plat proviennent en fait de fabrications liées au verre creux. Voici ce qu’écrit L. Cailletet auteur régulier d’articles dans la revue “La Nature” en 1902.

“… Il suffit en effet de recouvrir une pièce de verre ou de cristal d’une couche de colle forte dissoute dans l’eau (NDL- Bain-Marie), pour constater que cette couche, en se contractant par l’effet de la dessiccation, se détache du verre en lui enlevant de nombreuses lamelles d’épaisseur variable. Le verre ainsi gravé présente une sorte de dessin régulier qui rappelle la fleur de givre déposée sur nos vitres…”  (1)

 

Comment ça marche.

La technique est étonnante de plus le processus de fabrication du verre givré est relativement simple. Dans le principe il s’agit d’abord de déposer une épaisseur régulière de colle forte à chaud sur un vitrage ou un verre en volume préalablement dépoli par sablage de préférence. Ensuite une fois sec on expose le tout à une température ventilée ne devant pas excéder les 40° celsius. Pour finir, lors du séchage la surface de colle se craquelle en fines lamelles.

L’adhésion est tellement forte que ces lamelles emmènent avec elles des éclats de verres très fin. On peut alors constater l’effet obtenu ressemblant à si méprendre à du verre givré. Les colles utilisées sont bien connue dans la restauration de boiseries anciennes : colle de peau de lapin, colle d’os, colle de nerf ou colle de poisson.

 

Des documents originaux de 1935

Une correspondance datant de 1935 entre l’atelier Van Lierde & Fils  graveur sur verre à Lille dans le Nord de la France, et la société allemande Léo Pfister Fuerth i. Bayern nous en apprend un peu plus sur la méthode de givrage du verre à vitre.

colle pour la gravure sur verre fleur de givre

Tarif Leo Pfister Fuerth i. Bayern

fleurs de givre verre givré a la colle

Verre givré à la colle (glue chipped glass)

La fabrication du Verre Givré

Le point capital brièvement décrit, en ce que lorsque de la glu (Colle forte) appliquées sur du verre dépoli est enlevée après séchage, il se produit sur la surface du verre des sortes de fleurs de givre. Ce résultat est obtenu en principe de la façon suivante:

D’abord le Dépolissage du verre

Le côté du verre que l’on veut givrer est d’abord maté au moyen de projection de sable par soufflerie, ou encore au moyen d’une plaque de fer avec du sable d’un grain assez rugueux et de l’eau. Le dépolissage doit être régulier, l’autre côté reste intact.

Dans les petites exploitations , le matage se fait encore en frottant du verre sur du verre en interposant du sable fin criblé et de l’eau. Le dépolissage à la machine ne peut se faire qu’en utilisant du verre à vitre  et du verre à glace, les verres obtenus par soufflage, à cause de leur inégalité d’épaisseur, doivent être maté au jet de sable. 

Ensuite, L’application

Après cela, le verre est lavé, séché, placé sur une table rigoureusement horizontale et sous une chaleur modérée badigeonné d’un couche légère de glu (ou colle forte)  au moyen d’un pinceau. Ensuite on continu à verser régulièrement de la glu de consistance assez épaisse. Si il se forme quelques boursouflures elles doivent disparaître à l’aide de quelques légères touches de pinceau. La couche de glu doit avoir un centimètre d’épaisseur environ 1,5 M/m et jusqu’à 2 M/M.

Une couche de glu plus épaisse ne se détache pas, mais produit des crevasses ce qu’il y a lieu d’éviter.

Puis la colle ou glu.

Pour les fleurs de givre, il faut une glu particulière employez ma “Kronenleim – Eisblume (Glu à la couronne – Givrage) (NDL mélange de colle de nerf et de colle de peau)

Pour finir Le séchage 

Pendant tout le temps qu’il est au séchage, dans toutes les circonstances, le verre doit-être protégé de la lumière du soleil et de la trop grande chaleur. Si la glu vient à de refroidir de telle façon qu’elle ne coule plus, il faut placer les verres pour séchage de préférence dans la position verticale dans un courant d’air à la température d’environ 18 à 20 degrés Celsius. (A transformer en centigrades). Lorsque la glu est parfaitement dure, c’est à dire quelques jours après l’application, les verres peuvent être mis pour se crevasser à une chaleur solaire modérée ou, ce qui est encore mieux, dans une pièce ou peu à peu la température sera portée  de 40 à 45 degré celsius. (a transformer en centigrades)

Au Résultat:  des fleurs de givre.

Une faible couche de colle appliquée produit de plus petites fleurs, une plus forte couche de plus grandes fleurs.

Liens et Sources

  • (1) La revue La nature,  source Conservatoire des Arts et métiers:  CNUM Conservatoire des Arts et Métiers.
  • Documents originaux des archives de l’atelier de gravure sur verre Van Lierde et Fils.  Merci à Mr Van Lierde.
  • Document Internet Archives : Rawson & Evans

 

couper du verre en 7 étapes

Avant d’essayer de Couper du verre 

Il est important de souligner que le verre à vitre est une matière fragile qui peut occasionner des blessures sérieuses. Il est donc indispensable de se protéger. Pour cela il vous faudra respecter des règles élémentaires.  Ces règles sont les mêmes que celles appliquées dans mon propre atelier pour couper du verre.

  • Prévoyez une trousse de premier soins.
  • Protégez vos mains avec des gants anti-coupures.
  • Mettez des lunettes de sécurités
  • Porter des Manches longues et des pantalons
  • Enfin il vaut mieux éviter la tasse de café sur le plan de travail, les éclats de verres étant plutôt indigestes.

Le matériel Qu’il vous Faut

comment couper du verre

 

 

Voici ce qu’il vous faut pour couper du verre. Notez bien que le matériel décrit ci-dessous est volontairement non professionnel, il est facilement disponible en grandes surface de Bricolage.  En ce qui concerne du matériel plus professionnel, vous trouverez un lien ici.

  • A/ Du pétrole : Le pétrole permet de faciliter la découpe.
  • B/ Des Gants, manches longues et pantalon pour éviter les coupures.
  • C/ Des lunettes de protection pour éviter les éclats de verre au moment de rompre le vitrage.
  • D/ Un coupe verre de vitrier, facile à trouver dans les magasins de bricolages.
  • E/ Un pinceau trempé dans du pétrole.
  • F/ Un feutre pour tracer.
  • G/ Un mètre à ruban pour mesurer.
  • H/ Un tasseau ou une règle en bois.

Couper du verre en Vidéo.

Ce qu’il faut savoir sur ma propre expérience de Maître Artisan , c’est que je recoupe tous mes vitrages une fois terminé, alors que j’ai souvent mis des heures à les fabriquer. Je ne peux donc pas me permettre d’avoir des problèmes au moment de la découpe.

Autant dire que la méthode décrite ci-dessous a été éprouvée maintes et maintes fois. Seul le matériel et le type de vitrage, feuilleté,  dépoli, gravé, clair ou en couleur sont diffèrent.

Comment procéder.

Au préalable je conseille de tremper le coupe verre dans du pétrole quelques heures avant de s’en servir.

Ensuite, il vous faut faire des test sur de petits morceaux avant de vous lancer.

Pour la vidéo je me suis servi de verre d’épaisseur 5 M/M courant. Il faut bien le nettoyer avant de le couper puis le disposer sur de la moquette ou un tissu épais mais jamais sur une surface dure.

 

Couper du verre en 7 étapes

  1. D’abord, bien mesurer la dimension à laquelle vous voulez couper.
  2. Puis, tracer à l’aide du Feutre et du mètre à ruban.
  3. N’oubliez pas de positionner le tasseau en tenant bien compte de l’épaisseur de l’outil (ici 2 M/M) pour le décaler sur le tracé.
  4. Ensuite passez du pétrole le long de la règle avec le pinceau.
  5. Coupez alors sans trop appuyer. C’est juste une question d’entraînement pour trouver la bonne pression. Le son doit être clair et le trait de coupe fin sans éclats.
  6. Détonner en tapotant toujours sous la sortie de coupe. Normalement vous devriez voir un petit éclat dans la coupe.
  7. Positionner le manche de l’outil. 
  8. Enfin, rompez le verre en appuyant des deux côtés simultanément.

Ce qu’il ne faut surtout pas faire

erreur de coupe du verre

  • Surtout si votre trait de coupe est de couleur blanche n’insistez pas et recommencez. (voir ci dessus)
  • Posez votre vitrage sur une surface trop dure.
  • N’utilisez pas de règle en métal, a cause du risque de rayures.
  • Ne pas couper un vitrage trop grand pour commencer…
  • N’oubliez pas de vous protéger ! 
  • Laisser son sandwich ou son café sur le plan de travail.
  • N’utilisez pas  autre chose que du pétrole.
  • N‘assassiner pas votre vitrage en tenant votre coupe verre comme un poignard !
  • On ne passe l’outil qu’une seule fois, ce n’est pas du carrelage !
  • Ne taper pas trop fort pour détonner votre coupe.
  • Si votre verre résiste au moment de rompre, n’insistez pas ! et recommencer la coupe à coté ou en dessous.

 

Couper du verre en  Conclusion

Voilà ce qu’il vous faut appliquer pour réaliser votre découpe de verre dans de bonnes conditions. J’ai essayé d’être très simple dans les explications et J’espère que ce post vous sera utile en vous évitant bien des erreurs.

Contact: C. Fournié Maître artisan Verrier.

Verre imprimé Chauny et Cirey

En image ci-dessous, un verre imprimé coulé par la compagnie Saint Gobain Chauny et Cirey à partir de 1892. Ces verres imprimés à chaud furent notamment fabriqués à la Glacerie de Chauny dans le département de l’AISNE. Ces verres à vitres étaient brevetés SGDG (Sans Garantie Du Gouvernement ).  Pour la photo ci dessous, il s’agit d’un “Verre imprimé filigrané N°21référencé dès 1908 dans le catalogue du Miroitier CODONI à Paris.

 

Verre imprimé en relief transparent

Verre imprimé en relief N°21 1908

 

Le verre imprimé et le verre Mousseline.

Comme bien souvent dans l’histoire de l’industrie, les nouveaux procédés font disparaître les plus anciens les rendant ainsi obsolètes sur le plan technique et commercial. Le verre mousseline a été le premier vitrage occultant décoratif produit en masse à partir du milieu du 19ème siècle. Son procédé de fabrication par émaillage a chaud était lié à la fabrication du verre à vitre par soufflage au canon. Le verre imprimé lui était réalisé par coulée à plat et laminage par rouleaux de fontes. Ces vitres à motifs en relief laissaient passer plus de lumière que les verres mousselines tout en cachant la vue. De plus, elles étaient bien plus grandes tout en étant plus résistantes. Elles pouvaient aussi être colorées soit dans la masse, soit avec des émaux de couleurs dans des ateliers fabricants de vitraux

Le verre Mousseline finira par disparaître en même temps que le soufflage de verre à vitre remplacé par l’étirage Fourcault à partir de 1920. Le verre Mousseline perdurera quelques temps en fabrication à froid par sablage appelé mousselinage du verre avant de disparaître totalement.  Quand au verre imprimé il disparaîtra aussi mais seulement à partir des années 60 remplacé par le procédé de fabrication “Float” en usage aujourd’hui.

A l’heure actuelle, les vitrages imprimés ne peuvent se trouver que dans des portes anciennes vitrées et autres recyclages de menuiseries d’époque. Ils ne sont plus produits aujourd’hui.

 

La coulée Chance 1885 à 1890.

L’idée de donner des textures au verre plat est bien antérieure  à 1892. Un des premiers vitrage texturé à été le verre nommé “Cathédrale“.  D’abord coulé sur une table en fonte, un rouleau le laminait ensuite pour obtenir une glace mince. Une fois le verre raffermi a un temps donné, il était alors redressé à la verticale pour être recuit dans des carcaises (Four de recuisson lente). Une fois refroidi le verre se retrouvait translucide et déformé en surface irrégulière.  Pour le verre imprimé,  l’idée du maître de Verrerie William Edward Chance à Birmingham était de couler du verre en fusion entre des rouleaux pour le laminer sur le dessus et le dessous simultanément. Ainsi le vitrage laminé était poli sur le dessous, ce qui était très novateur pour l’époque. Saint-Gobain obtint en 1892 l’exclusivité pour la France de ce procédé au moins jusqu’en 1914.

Ancienne machine d'impression sur verre

Machine a imprimer le verre a relief en 1928

 

Pochage du verre

Pochage du verre en fusion 1928

 

La glacerie de Chauny en Bref.

Au départ le site Chauny n’est qu’un entrepôt à l’ouest de Saint-Gobain. La Compagnie y stockait d’une part ses matières premières nécessaires à la fabrication des glaces. D’une part le sable, la soude, et des terres réfractaires et d’autre part, ses expéditions de glaces brutes vers Paris. En Février 1795 le site s’agrandit avec l’acquisition des Grands Moulins de Chauny. Des machines à polir les glaces y seront installées par l’ingénieux charpentier Brancourt. En 1806 autres acquisitions avec les moulins de la Croix Saint-Claude pour de nouveaux ateliers de doucissages des glaces brutes. En 1823 l’usine de fabrication de Soude située à la verrerie de Charles-Fontaines dans la forêt de St-Gobain, fut transférée à Chauny.

 

Presentoir ancien vitrage chauny et cirey

Presentoir St-Gobain Chauny et Cirey

 

Par la suite tous les appareils de doucissages furent remplacés par des appareils à tables circulaires nommés « Plateformes ». Ces “tables” pouvaient atteindre un diamètre de 10 Mètres. En 1914 les usines de Saint-Gobain et Chauny étaient capable de couler et travailler plus de 270 000 Mètres carrés de glaces, y compris les vitrages spéciaux. On entend par “vitrages spéciaux” le verre imprimé à motif, les verres striés, cathédrale, armé, ou prismatique ainsi que les dalles de verres coulés pour le sol. A noter également une production de verres moulés pour l’automobile, les projecteurs ou les télescopes.

 

Une destruction pendant la grande Guerre de 1914.

Comme beaucoup de sites industriels du Nord de la France l’usine de Chauny fut complètement détruite par l’ennemi. Après la guerre le site ne fut pas reconstruit. Son industrie de production des glaces fut reprise sur le site de Chantereine sur le territoire de Thourotte dans le département de l’OISE.

 

 

Chauny et Cirey.

La dénomination Chauny et Cirey vient de la fusion entre la compagnie de Saint-Quirin Incluant les glaceries de Cirey (Meurthe et Moselle) et Mannheim (Allemagne) avec celles de Saint-Gobain et Chauny. La société anonyme « Manufactures des Glaces et Produits chimiques de Saint-Gobain, Chauny et Cirey » naît officiellement le 11 Juin 1855*.

 

Manufactures des glaces et produits chimiques Saint-Gobain, Chauny & Cirey

Action de la Manufactures des glaces et produits chimiques Saint-Gobain, Chauny & Cirey

Verrerie de Chauny 1911

La glacerie de Chauny en 1911

Verrerie de Cirey Meurthe et Moselle

Etang de la glacerie de Cirey en Meurthe et Moselle.

Catalogue de 1923 (Extrait)

 

Quelques chiffres sur la production vers 1923 :

  • 1 400 000 Mètres carrés de verre coulé et armés.
  • 1800 Tonnes de verres moulés ordinaire.
  • 540 tonnes de moulages en verre extra-clair…

 

Catalogue 1923 Chauny et Cirey

Catalogue ancien verres coules St Gobain Chauny & Cirey.

Dessin Verre a vitre ancien en relief

Modèle de Verre imprimé a relief .

Ancien motif de vitrage en relief

Vitrage gravé en relief à chaud.

Verre imprimé ancien Guimard

Modèle de vitrage ancien N° 18.

Figured rolled glass 1923

French Figured Rolled Glass 1923.

Vitrage français 1923

Vidrio impreso France 1923.

Decor de verre en relief ancien

Chauny et Cirey vitres imprimées en relief.

verre en forme de cul de bouteille

verre fond de bouteille

 

Pour en savoir plus visitez la page : Inventaire /verre à relief

 

Sources :

Sources photos :

  • Ma Collection personnelle à l’Atelier
  • La Revue Verre et Glace N° 7 1928
  • Le Catalogue Original Chauny et Cirey 1923
  • Le site du cercle  Guimard

Autre Sources: