.Verreries et Glaceries Archives – Page 2 sur 9 – L'atelier du verre Mousseline

Glaces et verres spéciaux Jeumont 1900

Pour ce 4eme article consacré à d’anciens ateliers de décoration sur verres et glaces, on quitte les ateliers verriers de l’époque pour rentrer dans le monde de l’industrie du verre à vitre de la fin du 19ème siècle.


Verrerie de Jeumont 1900

la glacerie de Jeumont vers 1900

Verrerie de Recquignies 1900

la Glacerie de Recquignies vers 1900

Manufacture de glaces et verres spéciaux du Boussois

Le Boussois glaces et verres spéciaux après 1900

La Compagnie des Glaces et verres spéciaux du Nord.

(Jeumont, Recquignies et le Boussois Nord 1900)

La compagnie des glaces et verres spéciaux du Nord anciennement située à Jeumont dans le Nord était une société de fabrication de verre plat incontournable de l’époque.

Les glaces de La chapelle Jeumont, Recquignies et AnicheEn fait cette compagnie regroupait au départ deux sites industriels de manufactures de glaces et verres à vitres. D’abord la verrerie de Jeumont fondée en 1858 par Hector Despret. Ensuite celle de Recquignies fondée en 1859 par François Houtart-Cossée. Enfin, à partir de 1908 cette compagnie fut aussi rejointe par le site du Boussois. Cette glacerie avait été fondé en 1898 par Jules Hénin et la société des glaceries de Charleroi. Après cette fusion elle se nommera «La compagnie réunie des glaces et Verres spéciaux du Nord de la France ».

 

Une Même situation Géographique.

Toutes ces verreries étaient situées dans le val de Sambre à la frontière Franco-Belge. Elles furent détruites pendant la première guerre Mondiale et seul la glacerie du Boussois fut réhabilitée à partir de 1920. D’ailleurs elle existe toujours aujourd’hui et appartient depuis 2010 au groupe japonais mondial AGC (Asahi glass Company).

 

Les glaces de la Chapelle

 

En juin 1885 est également fondée la marque de fabrique « Les glaces de la Chapelle» comprenant les sites de Recquignies, Jeumont et Aniche. Le dépôt était situé au 145 rue la Chapelle à Paris. (Il sera liquidé en 1908).

A noter que dans la même période en 1903, une entente commerciale avait été conclue à Bruxelles entre les sociétés, St-Gobain Chauny et Cirey, Jeumont, le Boussois et Aniche. Elle se concrétisait sous le nom de « Comptoir des Glaceries » et était située au 8 Rue de Boucry à Paris dans le 18ème.

Facture Jeumont 1906

Facture de La glacerie de Jeumont en 1906

La Production à Jeumont et Recquignies.

 

Georges Despret (1862-1952) fils de Hector Despret, reprend la direction de la verrerie de Jeumont en 1884 à l’âge de 22 ans. Ingénieur, chercheur et Maître verrier, Gorges Despret est surtout connu pour ses créations artistiques en pâtes de verre. Ses connaissances et son talent donneront un élan considérable aux productions de ces verreries.

Entre 1885 et 1899 les sites de productions de Jeumont et Recquignies s’étendent sur 32 Hectares et utilisent 2500 chevaux de force motrice pour 1200 ouvriers. Ces sites industriels comprennent aussi, un service de santé, une caisse de secours, une caisse d’épargne et de retraite et enfin 104 maisons d’employés et ouvriers.

 

Glaces et verres spéciaux

 

Il y a d’abord des produits chimiques manufacturés en milliers de tonnes. Pour les principaux produits verriers il y a surtout des glaces et verres spéciaux pour toitures, vitraux et dalles de verres, verres optiques et leurs spécialités, les émaux. La production de verre se compte en millions de kilos près de 19 millions en 1899 produit dans 9 fours au total.  6 fours à pots, un four à bassin et 2 fours Boëtuis. Comme il s’agit de glacerie, il n’y a pas que du verre au canon soufflé à la bouche, il y a surtout de la glace coulée à plat et autres glaces et verres spéciaux imprimés. (Certains seront fabriqués au Boussois jusqu’en 1979 !)

Jeumont et Recquignies glaceries du Nord

Présentoir de la Compagnie des glaces et verres spéciaux du Nord avant 1908.

glace à relief imprimé

vitrage chenillé coulé

Verre a vitre a motif de fleur

verre imprimé a motif floral

Glace imprimee art nouveau

Vitrage style art Nouveau 1900

verres et vitrages ancien fabriques par les glaceries du Nord Jeumont et Recquignies.

Verre a vitre diamanté N°4

 

vitrage moule 1900

Vitrage coulé clair

vitre a decor en relief

verre décoratif Jeumont-1900

glace impression losange

verre a motif losange

verre a rayure ancien

Vitrage ancien rayé ou strié

verre diamant clair 1900

Glace diamantée claire

Verre a vitre vitrage ancien

Verre a vitre a relief

glace coulée bleu

Vitrage bleu coulé diamanté

 

verre a bulle

Glace imprimée bullé

Glaces et verres spéciaux imprimés à Jeumont

Verre imprime Jeumont 1900

Vitre en relief 1900

glace ancienne verte

Glace imprimée verte N°5

vitre ancienne violette

Vitrage violet chenillé ancien

 

verre a vitre a relief ancien

Vitre coulée chenillée

Les Ateliers.

En 1900 on comptait 6 ateliers distincts.

  • Tout d’abord un atelier de doucissage et polissage des glaces. Il y a aussi l’argenture et le le biseautage et la gravure sur verre à l’acide destiné à la décoration sur verre et glaces. A noter que lors de l’exposition universelle de 1900, la manufacture de Jeumont fabriquera le grand miroir plan du Sidérostat du palais de l’optique. Il pesait plus de 4 tonnes. On peut aussi signaler un grand vitrail de 43 mètres de diamètre en coupole.
Modèle le gravure sur verre à l'acide

Modèle de gravure sur verre à l’acide, Jeumont et Recquignies

Modele de glace gravée

Modèle de glaces gravées 1900

  • Ensuite des ateliers spéciaux pour la fabrication de creusets et produits réfractaires.  Il y aussi un atelier de fabrication de plâtre, émeri et potée… (Pots de coulées)
  • Un atelier de réparation mécanique.
  • Une manufacture de fabrications des glaces et verres spéciaux imprimés, pour la toiture et les pavements et l’optique, Verres à reliefs striés ou losangés, chenillés, mousselines brevetés S.G.D.G. Mais aussi vitrages diamantés, martelés et même sablés (!).  Des pavés et tuiles de verres moulées et des verres armés à treillage métalliques.

 

Les Emaux de Jeumont.

 

Encore de nos jours la réalisation d’émaux à relief sur verre reste très complexe et délicate. En fait c’est surtout du à la formation de craquelures qui surviennent lors de la cuisson. Malgré cela,  l’époque ces défauts semblent avoir été bien maîtrisé par la glacerie de Jeumont au point d’en faire un de ses produits phares. Son procédé lui permettait ainsi de fabriquer des vitrages décoratifs émaillé, comme des plaques unies ou en relief pour le revêtement, ainsi que des enseignes, des médaillons et des panneaux artistiques inaltérables.

Anciennes enseignes en verre émaillé.

Enseignes en verre émaillé

Vitrage émaillé ancien

Verre émaillé de Jeumont

Panneaux décoratifs en verre émaillé

Panneaux décoratifs en verres émaillés

Sources et liens.

« Le Panthéon de l’industrie (Paris. 1875). 1900/11»

  •    Musée de la Mémoire Verrière de Boussois Rue Anatole France 59168 BOUSSOIS

http://villesetvillagesdelavesnois.org/

  • Livre: Aniche Histoire de la verrerie d’en Haut. (Michel Devèbe,  Daniel Devred)

http://www.la-retro-d-aniche.com/

 

  • Remerciements à René Diverchy La rétro d’aniche pour ses documents.

Crédit Photo : 

  • Merci à un de mes honorables correspondants pour les photos du présentoir
  • Christian Fournié © 2018

 

 

Verre perforé et aération

Verre perforé

Le verre perforé fait partie des verres spéciaux imprimés par St-Gobain vers 1933. Voici sa description et son utilisation.

Tout d’abord ce vitrage percé de milliers de petits trous était employés dans les Hôpitaux, Hospices, Casernes, Ecoles, Ateliers, Cuisines, Garde-Manger, WC, etc…

Ensuite le verre perforé était vendu en carreaux découpés sur mesures, prêt à être posés. Ses dimensions maximales atteignent 2010 x 1080 M/M environ en verre d’épaisseur 5 M/M environ.

Enfin, placé à la partie supérieure de la devanture d’un magasin, il atténuait sensiblement la condensation. Sa présentation sous forme de verre imprimé-diamanté le rendait aussi très décoratif.

Verre perforé et salubrité (1933)

L’air frais devait rentrer constamment dans les pièces habitées, à la condition que cela soit d’une manière insensible. Par conséquent les fenêtres pouvaient être vitrée à l’aide de verre perforé. Ces vitrages destinés à introduire l’air extérieur, étaient percés de 2000 trous au Mètre carré. Les trous étaient évasés à l’intérieur afin de répandre les veines fluides à leur entrée dans la pièce. Les verres perforés étaient translucides et non transparents afin de préserver l’intimité.

 

Pose du verre perforé.

Les vitrages perforés n’étaient jamais placés à moins de 2500 M/M de hauteur au-dessus du sol de la pièce à ventiler. Cela pouvait être réduit pour les cas ou une aération était absolument nécessaire comme les cuisines ou les WC. A noter que les trous devaient être obligatoirement orienté du coté évasé à l’intérieur de la pièce à aérer. Lors de la pose d’un verre perforé, les coins inférieurs du vitrage devaient être coupé en biais et une réservation devait être faite dans le mastic ou la pare-close de fixation aux deux extrémités, afin de faciliter l’écoulement de l’eau de pluie. (NDL : ????)

 

En conclusion ce vitrage très spécial aérait avec efficacité et d’une manière insensible.

 

Sources :  Album des verres coulé ST-Gobain Aniche le Boussois. Avril 1933  Archives collectées par C. Fournié – Artisan verrier.

Frises prismatiques et éclairage

Autre utilisation décrite dans une plaquette publicitaire de la société Continentale du Verre-Soleil. Il faut remarquer les efforts de cette société dans l’invention des utilisations de ces vitrages Prismatiques obéissants à des lois optiques complexes.

 

Frises en Verre-Soleil* et éclairage des magasins.

 

Le Verre-Soleil* trouve également une excellente application en Frises mobiles pour l’éclairage des magasins.

Ces frises consistent en plaques de verre enchâssées dans des moulures de bois ou dans des châssis de fer. Le tout pouvant comme style et comme décoration, être harmonisé avec la devanture et s’accrochant en haut de celle-ci. Cela permet d’éclairer complètement le magasin en projetant la lumière jusqu’au fond. Cela ne nuit en aucune façon à la vue de l’étalage. Ces frises peuvent s’enlever à volonté dans le cas où elles gêneraient pour la fermeture du magasin. Elles peuvent d’ailleurs être placées intérieurement contre les glaces. (NDL: Glaces = Vitrines)

Les figures 20 et 21 ci-dessous montrent la différence d’éclairage d’un magasin par l’application du Verre-Soleil*.

Tout d’abord dans le premier dessin, (Fig-20) la lumière n’arrive que dans la partie située près de la glace (NDL : Glace = vitrine). Ainsi elle laisse tout le reste dans l’ombre.

Eclairage en frises de verre soleil

Ensuite dans le second dessin (Fig21) ci-dessous, au contraire, les rayons lumineux pris et augmenté par le Verre-Soleil* en frises, sont placés en haut de la devanture. Les rayons sont projetés jusqu’au fond du magasin et permettent en conséquence, de supprimer l’éclairage artificielle.

Frises en verre-soleil prismatique

Utilisation en éclairage des Sous-Sols

 

Maintenant on peut également combiner l’emploi des frises et du Verre-Soleil* en réflecteur à la fois pour l’éclairage des boutiques et l’éclairage des sous-sols, comme dans la figure 22 ci-dessous. Tout d’abord Les rayons lumineux « L » sont disséminés par la frise « F » jusque dans le fond de la boutique. Ensuite les mêmes rayons, en venant frapper sur la plaque de Verre-Soleil*. Enfin, le verre soleil « R » placée sous le tambour « T » prenant jour sur la rue par des vitres ordinaires, éclairent toutes les parties du sous-sols.

On obtient également un excellent éclairage des sous-sols en plaçant le Verre-Soleil* à l’orifice intérieure des soupiraux (lentilles extérieures), ou au-dessous de ceux-ci, à l’endroit même où les rayons lumineux pénètrent à l’intérieur.

éclairage des sous sols par du verre soleil

* NDL : Pour mémoire: Le verre soleil est un verre prismatique reposant sur le principe de la lentille de Fresnel.

 

Sources: Plaquette publicitaire de la Société Continentale de Verre-Soleil.  7 Rue Louis Le Grand PARIS. Imprimerie Gamichon, Bisschop & Maignan 1912.