.verre imprimé Archives – L'atelier du verre Mousseline

Verres artistiques Art déco (Mise à jour)

En 1933 Saint-Gobain proposait des verres artistiques extra clair imprimés parce qu’il fallait déjà à l’époque s’inspirer des tendances de styles plus moderne comme l’ Art déco.

 

Pour mémoire voici ce qu’en disait leur plaquette publicitaire de l’époque (Texte presque littéral, librement adapté au passé)

Les Verres artistiques

Tout d’abord les Verres artistiques avaient des dessins directement  inspirés par les tendances modernes du moment (L’art-déco). Ensuite Ils permettaient la réalisation de vitrages s’harmonisant particulièrement avec un ensemble décoratif de haute tenue pour l’époque.

 

Des Vitrages Art déco

Il y a lieu peut-être d’attirer spécialement l’attention sur les verres extra clair. Les modèles Art déco (Arts Décoratifs) et Rénovum étaient utilisés sous forme de bandeaux. Au besoin dans la décoration des devantures ils pouvaient même remplacer la glace gravée au jet de sable, parce que son prix dans certains cas, pouvait-être un obstacle à son application.

(NDL: Il faut savoir que c’est dans la période Art-déco que le décor du verre par sablage connu un âge d’or puisque beaucoup de miroiteries le proposait à des niveaux plus ou moins artistiques. On peut notamment citer l’atelier verrier Gerrer à Mulhouse)

En plus d’être dépolis au sable, certaines parties restaient Claires, ces verres pouvaient aussi être posés dans des feuillures légères, prévues derrière la ou les glaces de devanture : Ainsi, (semble t-il) l’effet obtenu était remarquable et convenait tout à fait dans les installations moyennes.

 

Des teintes extra clair et en couleur.

Pour Les modèles Rénovum et Art déco ils étaient uniquement coulés dans la teinte extra clair. Alors que les verres Grand Flamand, Brillant, Grand Brillant, étaient fournis en extra-clair ou dans les teintes suivantes : jaune, rose, bleue, verte et même rouge, feu et orange.

Ces vitres extra clairs de à 4 à 6 M/M d’épaisseur et de dimensions maxima de 3600 x 1050 M/M étaient fournis dans les types de dessins suivants:

LES MODÈLES Art déco

Ces vitres extra clairs de à 4 à 6 M/M d’épaisseur et de dimensions maxima de 3600 x 1050 M/M étaient fournis dans les types de dessins suivants:

Verres artistiques ancien art déco

Modèle imprimé Art déco

verre imprime extra clair

Verre Grand Flamand

Verre art déco

Verre modèle Rénovum 1

Verre extra clair grand brillant

Imprimé Grand Brillant

Verre renovum art deco

Vitre imprimée Rénovum 2

Verre modele Brillant

Verre imprimé Brillant

Verre sable art deco

Vitrage imprimé N°101

Verre imprimé a facette

Vitrage imprimé Brillant

A propos du Modèle N-101

Ces photos de verres artistiques Art Déco Originaux Modèle 101 proviennent de sources différentes dans la région Puy de Dôme. D’abord des vitrages en fenêtres, ensuite des vitrages en porte d’un meuble Art déco restauré par Nadine BONNARDET Artisan d’art diplômée en peinture sur mobilier:  https://www.couleursdavant.com/.

vitrage art deco 1933

modele de vitre art deco

mobilier art déco en bois

vitre saint gobain art deco

Les Verres Opalescents

Les vitrages opalescents, étaient aussi assimilés aux verres artistiques, et étaient exécutés dans le dessin Grand Océanic. (Voir ci dessous). En plus d’un fond de teinte opale, tamisant la lumière, il présentaient même placés devant une source lumineuse assez vive, les reflets de nacre du plus heureux effet.

Ces verres de 4 à 5 M/M d’épaisseur et dont les dimensions maxima de fabrication sont 2010 x 1050 M/M se fabriquaient dans les teintes blanche, beige et bleutée.

Le poids moyen approximative de ces vitrages étaient de 11,5 Kg par mètres carrés.

Vitrage Opalescent modele oceanic 1933

Grand Océanic

vitre modele oceanic

Modèle Océanic Bleu

verre coule oceanic

Vitrage Océanic Beige

verres imprimés couleur

Océanic Bleu et Beige

En conclusion. Les modèles de verres artistiques extra-clair et de couleur, ainsi que les verres opalescents étaient fabriqués sur le site de la verrerie de “La Longueville” dans le nord de la France. Des verres opalescents semble être toujours fabriqués à l’étranger.

Par contre pour ce qui est du verre artistique imprimé extra clair Art déco, ils semblent avoir disparu en 1939.

 

SOURCES ET REMERCIEMENTS

Tout d’abord , mes remerciements aux Archives ST-Gobain à Blois ainsi qu’à Mr René DIVERCHY  Site web: la retro-d-aniche.com

Ensuite les autres sources : Album des verres coulés par le comptoir général de vente des manufactures de glaces Saint-Gobain.  – Chantereine – Cirey – Montluçon – Aniche. – Boussois – La Longueville – Chalon sur Saône.  15 Avril 1933.

Merci également à Mr G et à Nadine BONNARDET https://www.couleursdavant.com/ Pour leurs aimables contributions photographiques.

Verre imprimé Chauny et Cirey

En image ci-dessous, un verre imprimé coulé par la compagnie Saint Gobain Chauny et Cirey à partir de 1892. Ces verres imprimés à chaud furent notamment fabriqués à la Glacerie de Chauny dans le département de l’AISNE. Ces verres à vitres étaient brevetés SGDG (Sans Garantie Du Gouvernement ).  Pour la photo ci dessous, il s’agit d’un “Verre imprimé filigrané N°21référencé dès 1908 dans le catalogue du Miroitier CODONI à Paris.

 

Verre imprimé en relief transparent

Verre imprimé en relief N°21 1908

 

Le verre imprimé et le verre Mousseline.

Comme bien souvent dans l’histoire de l’industrie, les nouveaux procédés font disparaître les plus anciens les rendant ainsi obsolètes sur le plan technique et commercial. Le verre mousseline a été le premier vitrage occultant décoratif produit en masse à partir du milieu du 19ème siècle. Son procédé de fabrication par émaillage a chaud était lié à la fabrication du verre à vitre par soufflage au canon. Le verre imprimé lui était réalisé par coulée à plat et laminage par rouleaux de fontes. Ces vitres à motifs en relief laissaient passer plus de lumière que les verres mousselines tout en cachant la vue. De plus, elles étaient bien plus grandes tout en étant plus résistantes. Elles pouvaient aussi être colorées soit dans la masse, soit avec des émaux de couleurs dans des ateliers fabricants de vitraux

Le verre Mousseline finira par disparaître en même temps que le soufflage de verre à vitre remplacé par l’étirage Fourcault à partir de 1920. Le verre Mousseline perdurera quelques temps en fabrication à froid par sablage appelé mousselinage du verre avant de disparaître totalement.  Quand au verre imprimé il disparaîtra aussi mais seulement à partir des années 60 remplacé par le procédé de fabrication “Float” en usage aujourd’hui.

A l’heure actuelle, les vitrages imprimés ne peuvent se trouver que dans des portes anciennes vitrées et autres recyclages de menuiseries d’époque. Ils ne sont plus produits aujourd’hui.

 

La coulée Chance 1885 à 1890.

L’idée de donner des textures au verre plat est bien antérieure  à 1892. Un des premiers vitrage texturé à été le verre nommé “Cathédrale“.  D’abord coulé sur une table en fonte, un rouleau le laminait ensuite pour obtenir une glace mince. Une fois le verre raffermi a un temps donné, il était alors redressé à la verticale pour être recuit dans des carcaises (Four de recuisson lente). Une fois refroidi le verre se retrouvait translucide et déformé en surface irrégulière.  Pour le verre imprimé,  l’idée du maître de Verrerie William Edward Chance à Birmingham était de couler du verre en fusion entre des rouleaux pour le laminer sur le dessus et le dessous simultanément. Ainsi le vitrage laminé était poli sur le dessous, ce qui était très novateur pour l’époque. Saint-Gobain obtint en 1892 l’exclusivité pour la France de ce procédé au moins jusqu’en 1914.

Ancienne machine d'impression sur verre

Machine a imprimer le verre a relief en 1928

 

Pochage du verre

Pochage du verre en fusion 1928

 

La glacerie de Chauny en Bref.

Au départ le site Chauny n’est qu’un entrepôt à l’ouest de Saint-Gobain. La Compagnie y stockait d’une part ses matières premières nécessaires à la fabrication des glaces. D’une part le sable, la soude, et des terres réfractaires et d’autre part, ses expéditions de glaces brutes vers Paris. En Février 1795 le site s’agrandit avec l’acquisition des Grands Moulins de Chauny. Des machines à polir les glaces y seront installées par l’ingénieux charpentier Brancourt. En 1806 autres acquisitions avec les moulins de la Croix Saint-Claude pour de nouveaux ateliers de doucissages des glaces brutes. En 1823 l’usine de fabrication de Soude située à la verrerie de Charles-Fontaines dans la forêt de St-Gobain, fut transférée à Chauny.

 

Presentoir ancien vitrage chauny et cirey

Presentoir St-Gobain Chauny et Cirey

 

Par la suite tous les appareils de doucissages furent remplacés par des appareils à tables circulaires nommés « Plateformes ». Ces “tables” pouvaient atteindre un diamètre de 10 Mètres. En 1914 les usines de Saint-Gobain et Chauny étaient capable de couler et travailler plus de 270 000 Mètres carrés de glaces, y compris les vitrages spéciaux. On entend par “vitrages spéciaux” le verre imprimé à motif, les verres striés, cathédrale, armé, ou prismatique ainsi que les dalles de verres coulés pour le sol. A noter également une production de verres moulés pour l’automobile, les projecteurs ou les télescopes.

 

Une destruction pendant la grande Guerre de 1914.

Comme beaucoup de sites industriels du Nord de la France l’usine de Chauny fut complètement détruite par l’ennemi. Après la guerre le site ne fut pas reconstruit. Son industrie de production des glaces fut reprise sur le site de Chantereine sur le territoire de Thourotte dans le département de l’OISE.

 

 

Chauny et Cirey.

La dénomination Chauny et Cirey vient de la fusion entre la compagnie de Saint-Quirin Incluant les glaceries de Cirey (Meurthe et Moselle) et Mannheim (Allemagne) avec celles de Saint-Gobain et Chauny. La société anonyme « Manufactures des Glaces et Produits chimiques de Saint-Gobain, Chauny et Cirey » naît officiellement le 11 Juin 1855*.

 

Manufactures des glaces et produits chimiques Saint-Gobain, Chauny & Cirey

Action de la Manufactures des glaces et produits chimiques Saint-Gobain, Chauny & Cirey

Verrerie de Chauny 1911

La glacerie de Chauny en 1911

Verrerie de Cirey Meurthe et Moselle

Etang de la glacerie de Cirey en Meurthe et Moselle.

Catalogue de 1923 (Extrait)

 

Quelques chiffres sur la production vers 1923 :

  • 1 400 000 Mètres carrés de verre coulé et armés.
  • 1800 Tonnes de verres moulés ordinaire.
  • 540 tonnes de moulages en verre extra-clair…

 

Catalogue 1923 Chauny et Cirey

Catalogue ancien verres coules St Gobain Chauny & Cirey.

Dessin Verre a vitre ancien en relief

Modèle de Verre imprimé a relief .

Ancien motif de vitrage en relief

Vitrage gravé en relief à chaud.

Verre imprimé ancien Guimard

Modèle de vitrage ancien N° 18.

Figured rolled glass 1923

French Figured Rolled Glass 1923.

Vitrage français 1923

Vidrio impreso France 1923.

Decor de verre en relief ancien

Chauny et Cirey vitres imprimées en relief.

verre en forme de cul de bouteille

verre fond de bouteille

 

Pour en savoir plus visitez la page : Inventaire /verre à relief

 

Sources :

Sources photos :

  • Ma Collection personnelle à l’Atelier
  • La Revue Verre et Glace N° 7 1928
  • Le Catalogue Original Chauny et Cirey 1923
  • Le site du cercle  Guimard

Autre Sources: 

Frises prismatiques et éclairage

Autre utilisation décrite dans une plaquette publicitaire de la société Continentale du Verre-Soleil. Il faut remarquer les efforts de cette société dans l’invention des utilisations de ces vitrages Prismatiques obéissants à des lois optiques complexes.

 

Frises en Verre-Soleil* et éclairage des magasins.

 

Le Verre-Soleil* trouve également une excellente application en Frises mobiles pour l’éclairage des magasins.

Ces frises consistent en plaques de verre enchâssées dans des moulures de bois ou dans des châssis de fer. Le tout pouvant comme style et comme décoration, être harmonisé avec la devanture et s’accrochant en haut de celle-ci. Cela permet d’éclairer complètement le magasin en projetant la lumière jusqu’au fond. Cela ne nuit en aucune façon à la vue de l’étalage. Ces frises peuvent s’enlever à volonté dans le cas où elles gêneraient pour la fermeture du magasin. Elles peuvent d’ailleurs être placées intérieurement contre les glaces. (NDL: Glaces = Vitrines)

Les figures 20 et 21 ci-dessous montrent la différence d’éclairage d’un magasin par l’application du Verre-Soleil*.

Tout d’abord dans le premier dessin, (Fig-20) la lumière n’arrive que dans la partie située près de la glace (NDL : Glace = vitrine). Ainsi elle laisse tout le reste dans l’ombre.

Eclairage en frises de verre soleil

Ensuite dans le second dessin (Fig21) ci-dessous, au contraire, les rayons lumineux pris et augmenté par le Verre-Soleil* en frises, sont placés en haut de la devanture. Les rayons sont projetés jusqu’au fond du magasin et permettent en conséquence, de supprimer l’éclairage artificielle.

Frises en verre-soleil prismatique

Utilisation en éclairage des Sous-Sols

 

Maintenant on peut également combiner l’emploi des frises et du Verre-Soleil* en réflecteur à la fois pour l’éclairage des boutiques et l’éclairage des sous-sols, comme dans la figure 22 ci-dessous. Tout d’abord Les rayons lumineux « L » sont disséminés par la frise « F » jusque dans le fond de la boutique. Ensuite les mêmes rayons, en venant frapper sur la plaque de Verre-Soleil*. Enfin, le verre soleil « R » placée sous le tambour « T » prenant jour sur la rue par des vitres ordinaires, éclairent toutes les parties du sous-sols.

On obtient également un excellent éclairage des sous-sols en plaçant le Verre-Soleil* à l’orifice intérieure des soupiraux (lentilles extérieures), ou au-dessous de ceux-ci, à l’endroit même où les rayons lumineux pénètrent à l’intérieur.

éclairage des sous sols par du verre soleil

* NDL : Pour mémoire: Le verre soleil est un verre prismatique reposant sur le principe de la lentille de Fresnel.

 

Sources: Plaquette publicitaire de la Société Continentale de Verre-Soleil.  7 Rue Louis Le Grand PARIS. Imprimerie Gamichon, Bisschop & Maignan 1912.