. Aubriot Archives – L'atelier du verre Mousseline

Vitrage décoratif et ancien atelier Gugnon.

Un document très rare.

 

Analyse d’une photographie très ancienne et exceptionnellement bien conservée de l’Atelier Gugnon Fils fabricant de verre à vitre et spécialiste du vitrage décoratif mousseline. Cet atelier verrier était situé au 130 Rue du Faubourg St-Denis à Paris après 1870  et au moins jusqu’en 1889. (L’atelier fit faillite pour mauvaise gestion). Le document n’est malheureusement pas daté, et les personnages impossibles à identifier pour le moment.

 

 

Louis Napoléon GUGNON

Né en 1808, dépositaire de nombreux brevets d’inventions concernant la peinture sur verre et le vitrage décoratif, Mr Louis Napoléon Gugnon était originaire de Metz (Moselle). Devenu Maître peintre verrier associé à un certain Laurent Charles Maréchal, il fut un des protagonistes du renouveau du vitrail Français dans son atelier de Metz après 1826. Il optera pour la nationalité Française suite aux évènements de 1870 et il quitta Metz pour s’installer à Paris.

 

 

Une mise en scène.

Cette photographie est bien sûr mise en scène, nous sommes au fond d’un atelier verrier bien nettoyé… On remarquera la fierté affichée sur le visage de ces hommes du verre

Atelier fabricant de vitrage decoratif

Ce document exceptionnel est une propriété de Christian Fournié / Artisan Verrier. il a été acquis après de longues recherches. Son utilisation éventuelle est soumise à une demande préalable. Merci de respecter les sources…

 

Un Atelier de fabrication de vitrage décoratif.

Description provisoire.

  • : Four a Moufles pour la cuisson des vitrages décoratifs émaillé en décor Mousseline, ou autres éléments peint entrant dans la composition de vitraux.
  • B : Cheminée d’évacuations des vapeurs.
  • : Moufles en étages
  • D : Rack en métal sur lesquels étaient empilés les vitrages décoratifs préalablement peint séparés les uns des autres par du plâtre afin d’éviter une fusion entres les plaques de verres.
  • : Pinces de manipulation des racks
  • : Treuil manuel ou peut-être déjà électrique ? monté sur chariot.
  • G : Pont Roulant
  • H : Rails et mécanisme du pont roulant mobile
  • : Câblages électriques ? Cordages?
  • : Probablement établi servant à la préparation des racks avant et après la cuisson Le personnage en chemise blanche à droite à une brosse dans la main.
  • K : Caisses contenant des plombs d’assemblages destinés à la réalisation de vitraux. Aujourd’hui encore les emballages sont les mêmes en caisses bois. N’oublions pas que l’atelier Gugnon et Fils était aussi fabricant de vitraux en très grande quantités d’où un stock de plomb conséquent.
  • L : Des chariots à 2 ou 4 roues ? sont empilés les uns sur les autres entre 2 grandes planches de maintien. Les roues semblent adaptées pour rouler sur des rails… Mais il peut aussi s’agir de l’équivalent de nos chariots de manutention a 2 roues actuels,  ( “Diable”) servant à la manipulation des charges lourdes…
  • M : Pupitre de coupe de verre (voir l’équerre sur la table)
  • N : Châssis de stockage de vitrages décoratifs finis coupés a mesures fixes (d’où la table de coupe du côté gauche) Prêt à la mise en caisse.

Un vitrage et des personnages…

  • O : 2 Hypothèses :
  • Il pourrait s’agir d’une vitre gravée à l’acide. On distingue très bien une frise grecque N°7 et un motif central. Il repose sur 2 petites calles et une couverture à l’arrière. Ce type de vitrage décoratif délicat à produire n’a rien à faire là dans ces conditions près du four (puisque-il était produit à froid), sauf peut-être pour la mise en scène… Cela dit, il pourrait également s’agir d’un vitrage à décor émaillé de grande dimension.
  • P : 1,2,3 Personnages en costumes probablement le personnel d’encadrement. Il n’est pour le moment pas possible de les identifier.
  • Q : Il y a du vitrage décoratif exposé en verrière d’atelier.
  • Il y a des verres mousselines,
  • des vitraux
  • des verre diamantés
  • des frises diamantés
  • R : Horloge Paris 10 H 15. Date inconnue…

 

Sources:

Vitre imprimée mousseline 1877 Partie 3

Troisième Partie d’un rapport de 1877 par la société d’encouragement des Arts Chimiques, qui nous renseigne sur la fabrication d’un modèle de vitre imprimée mousseline avec ajout de décors en tulles brodés. Description faite  par  son inventeur Monsieur Aubriot verrier fabricant à Paris.

 

Vitre imprimée tulle brodés

NDL : Mr Aubriot s’adresse toujours à la commission de la société d’encouragement des Arts Chimiques. Il explique aux personnes de l’assemblée la fabrication des verres émaillés mousselines avec Tulle brochés ou non semblable à la photo ci-contre, à l’aide d’une machine de son invention :

Préparation du décor tulle.

3/… Sur un châssis prévu à cet effet on tend soit une tulle, soit une mousseline unie, brodée ou brochées ; s’il y a des parties brochées on les met en concordance avec les ornements déjà réalisé par le pochoir précédent, puis on passe dans la boîte à poussière.

NDL : Il s’agit donc d’utiliser une vitre imprimée mousseline simple (Voir partie 2) au décor fraîchement fabriquée et avant cuisson de fixation de l’émaillage. Ensuite il s’agit de positionner correctement par-dessus ce vitrage préalablement décoré de son motif, un autre décor en maillage de Tulle, brochés (petits décors tissés) ou non. La boîte à poussière de Mr Aubriot semble être une amélioration d’une invention de Mr Gugnon…

Le Saupoudrage sur la vitre imprimée.

4/ Cette Boîte à poussière est hermétiquement fermée ; elle renferme à la partie inférieur un réservoir, dans lequel se trouve une certaine quantité de couleur (NDL : émail vitrifiable) en poudre impalpable (NDL : Texture du Talc mélange sec de gomme arabique et d’émail grisaille) et parfaitement sèche. Au Moyen d’un soufflet on fait arriver de l’air dans cette caisse, de l’air qui détermine un nuage, lequel se répand uniformément dans la boîte, et vient se déposer régulièrement sur la feuille de la vitre imprimée en mousseline que l’on a glissée lentement dans l’emplacement prévu au fond de la boîte.  La poussière n’adhère pas au verre, elle se dépose tout aussi bien sur le verre que sur le décor précédent. En enlevant le châssis avec précaution, on voit ensuite apparaître les dessins de la dentelle, le tulle uni ou broché.

 

NDL : Il faut imaginer une grande boîte rectangulaire d’une dimension minimum intérieure de 1,5 x 0.90 mètres, (estimation faite à partir des dimensions courantes des plus grands verres à vitres soufflés de l’époque). La hauteur de ce dispositif est indéterminée pour le moment… A l’intérieur on y dispose la vitre imprimée mousseline préalablement décorée au pochoir par brossage (Voir Partie 2) et par-dessus un châssis avec un tulle tendu décoré ou non de motifs brochés (En fait une sorte de tamis). L’étape suivante consiste à injecter de l’air dans la caisse fermée avec l’aide d’un soufflet pour soulever un nuage de poussières d’émail en poudre, qui se dépose ensuite dans les mailles très fines du tulle tendu.

La Machine a poussière de Mr Aubriot

Machine de fabrication de verre Mousseline

Plan d’origine et description.

  • Vue 1 : Coupe verticale face avant
  • Vue 2 : Coupe verticale face arrière
  • Vue 3 : Vue de dessus
  • A : Soufflet Manuel.
  • B : Conduit d’air (Tuyaux)
  • C : Réservoir de l’émail en Poudre
  • D : Trémie (Sorte de grand entonnoir)
  • E : Deuxième trémie à l’intérieur de la précédente (C)
  • F : Partie vide entre les parois des 2 trémies
  • G : Conduits d’échappements du trop-plein d’air.
  • H : Collecteur des poussières entraînées par les conduits (G)
  • I : Boîte de récupération des poussières conduite par l’échappement (G)
  • J : Plancher de la boîte.
  • K : Chambre à poussières
  • L : Rainures guidant la table mobile sur laquelle est déposé le vitrage et le châssis a tulle tendu.
  • M : Trappe de chargement de l’émail.
  • N : Porte de chargement de la table mobile.

Source:  CNUM Conservatoire des Arts et Métiers.

 

 

Vitrages imprimés mousseline 1877 Part-2

fabrication des vitrages imprimés mousseline

Seconde Partie d’un rapport de 1877 par la société d’encouragement des Arts Chimiques, qui nous renseigne sur les travaux d’un certain Mr Aubriot sur l’industrialisation des vitrages imprimés mousseline, avec invention d’un procédé de fabrication en couleur associé à un four de cuisson spécifique.

 

Les vitrages imprimés mousseline, entre dans la décoration des boudoirs, vestibules, salles de bains et autres chambres comportant un certain luxe. On a remplacé par les verres mousseline en couleur, ou à plusieurs couleurs, les verres mousseline ou tulle, primitivement employés, obtenus par les procédés classiques, unis ou à dessins variés.

 

NDL : Mr Aubriot nous parle ici du remplacement de verres mousseline classique blanc, gris ou avec Tulles brodées, par des verres mousselines de couleurs de sa fabrication.

Il s’adresse toujours à la commission d’Encouragements des Arts Chimiques…

 

… Vous avez été les témoins attentifs des premiers essais tentés pour créer l’industrie des verres mousselines obtenus au pochoir. Les Tentatives faites à Chatou dans la petite usine fondée par Duval, l’inventeur de la méthode dite par saupoudration, vous a été soumises. M. A Pailleux-Salatz a désiré plus tard prendre votre avis sur ce qu’il appelait le verre peint impression vitrifiée et inaltérable.

Ces deux méthodes pratiquées à l’origine dans la fabrique de Chatou sont perfectionnées dans leurs détails ; elles permettent d’obtenir actuellement (NDL : 1877) des vitrages imprimés mousseline inaltérables en une ou plusieurs couleurs, offrant une très grande variété de nuances et même des dispositions très heureuses et très bien accueillies par l’art de la vitrerie.

 

NDL : A l’heure actuelle, pas de trace écrites de ces tentatives à Chatou…

Mr Aubriot expose à présent les différents principes liés à cette fabrication.

 

Fabrication des vitrages imprimés mousseline.

1/ Après avoir nettoyé à sec la surface du verre, au moyen d’un chiffon très propre et d’un peu de craie si il y a quelques parties qui ont été graissées par les mains d’un ouvrier, on y étend une première couche de couleur vitrifiable, soit verte ou jaune ou bleue. Cette couleur, bien broyée est étendue à consistance convenable avec un peu d’eau gommée ; on régularise la surface avec un blaireau dans le sens de la largeur de la feuille d’abord, puis dans le sens de la longueur ensuite. On fait ainsi disparaître toutes les inégalités laissées par la brosse. On fait ensuite sécher à une douce chaleur.

 

NDL : L’eau gommée est un mélange d’eau et de gomme arabique (sorte de colloïde naturelle issue d’une variété d’acacias Nord Africain.)

 

2/ Quand toute l’eau est évaporée, on applique sur la feuille de verre un carton découpé ou une vignette percée à jour (NDL : Pochoirs) avec points de repères : on frotte avec une brosse dure pour enlever la couleur pulvérulente et dénuder les parties qui doivent être transparentes. La vignette percée à jour est ensuite déplacée, mise au moyen des points de repères (NDL : sur la partie suivante que l’on veut traiter), et ainsi de suite de proche en proche, de manière à réaliser le décor sur toutes la surface de la vitre. Les feuilles de verres sont ainsi propres à être transformées en vitrages imprimés mousseline de couleur.

 

NDL : L’opération de brossage peut se dénommer : putoiser du fait de l’utilisation d’une brosse à poils de putois.

 

A Suivre…..

Source:  CNUM Conservatoire des Arts et Métiers.

 

RAPPEL : On retrouve toutes ces étapes de fabrications de vitrages imprimés mousseline dans la reconstitution vidéo ci-dessous :