.Four Aubriot Archives – L'atelier du verre Mousseline

Verre émaillé Mousseline 1877 Partie 4

Quatrième et dernière partie rapport datant de 1877 par la société d’encouragement des Arts Chimiques, nous renseignant sur les débuts de l’industrialisation des vitres imprimées mousseline et tulles brodés, avec la description par Monsieur Aubriot d’un procédé de fabrication associé un four a verre émaillé spécifique.

NDL : Mr Aubriot s’adresse toujours à la commission de la société d’encouragement des Arts Chimiques. Il décrit à présent aux personnes de l’assemblée, la fixation de l’émail à décor tulle sur le vitrage et la cuisson dans un four a verre émaillé. (Voir partie 2 et 3)  Voir aussi la page dédiée sur les étapes de fabrications.

 

La fixation du décor émaillé

 

5/… Il faut fixer la couleur qui n’a pris aucune adhérence ; on porte alors les feuilles dans une chambre à vapeur, on injecte de la vapeur d’eau qui détrempe la gomme et fixe la poussière. On peut alors cuire au moufle* pour faire adhérer la couleur ou dépolir, et la rendre mate et inaltérable.

NDL : N’oublions pas que les mélange émail /gomme arabique est sec et qu’il n’y a donc aucune tenue sur le verre nu. Il faut donc pouvoir fixer le décor obtenu par saupoudrage (Partie 3) avant cuisson. L’eau sous forme de vapeur est donc nécessaire pour effectuer cette opération.

*Le moufle est une chambre de cuisson chauffée par l’extérieur, dont on se sert pour émailler des décors sur de la céramique ou dans notre cas du verre.  (Source : Dictionnaire Larousse)

La Chambre à Vapeur de Mr Aubriot.

Machine a fixer le décor sur verre émaillé

Plan d’origine et description.

Vue de face

  • A : Générateur de vapeur, muni de tous les organes nécessaires, manomètre, tuyau d’alimentation ; prise de vapeur pour l’introduction dans la boîte.
  • B : Tuyau d’arrivé de la vapeur
  • C : Boîte à vapeur dans laquelle le dépoli du verre se fixe.
  • D : Trappe à Charnière par laquelle passe le châssis mobile, après le saupoudrage dans la chambre à poussière.

 

La cuisson du verre émaillé

6/ La cuisson s’opère dans des moufles en fer, de formes particulières, à parois latérale, inclinées du haut en bas et qui offrent de petites consoles sur lesquelles portent des plaques ou des planchers également en fer ; elles sont à rebord ; on les couvre de plâtre très-sec et plusieurs feuilles de verre recouvertes également de plâtre. La feuille ayant déjà subi l’action de la vapeur. Les planchers ainsi chargés, sont glissés sur les tasseaux qui les maintiennent dans le moufle de cuisson du verre émaillé.

NDL : La cuisson se fait donc dans une chambre à étages dans laquelle on glisse plusieurs châssis en fer sur lesquels sont déposés plusieurs verres à décors émaillés.  Ces verres à vitres sont empilés les uns sur les autres en ajoutant du plâtre entre chaque vitrage afin qu’ils ne fusionnent pas entres eux.

Le Four a verre émaillé de Mr Aubriot.

Four a verre émaillé

Plan d’origine et description.

 

Vue de face et en coupe

  • A : Porte du Moufle
  • B :  Grille
  • C : Cendrier
  • D : Plaque de fermeture
  • E :  Douille de surveillance du feu
  • F :  Armature de consolidation de l’ensemble
  • G:  Cheminée
  • H:  Supports des plaques sur lesquelles on place les feuilles de verre émaillé séparée par du plâtre pour leurs cuissons.
  • I :   Carneaux (NDL: Conduits) distribuant la flamme autour du Moufle.

Conclusion du rapport :

 

 On peut à l’aide de tours de mains particuliers, obtenir des dessins variés en déposant deux couleurs ou plus, de façon à modifier les nuances par juxtaposition ou superpositions ; on fait usage de la couleurs opaques ou transparentes, ou bien encore de couleurs obtenues par cémentations (NDL : dépôt de sels métalliques, pour la coloration du verre) telles que le jaune Jean-cousin : il en résulte des effets remarquables surtout sur le bon marché.

 

NDL : Prix du verre émaillé mousseline et de ses variantes.

En 1863 le verre mousseline ordinaire est coté à 6 francs le mètre carré, et la mousseline tulle est cotée à 8 francs le mètre carré. À la même époque. En 1877 date du présent rapport les prix se situent de 2,50 à 3,50 francs le mètre carré. La mousseline deux teintes elles est cotée 8 francs le mètre carré.

 

Conclusion du rapporteur Mr SALVETAT :

 

Mr Aubriot qui primitivement, ne possédait qu’un four, en possède quatre à présent. Il y a là un service véritable rendu à l’art de la verrerie et de nouveaux débouchés ouverts pour les architectes qui désirent concilier à la fois les exigences d’une économie raisonné d’une part, et les besoins d’un certain luxe, d’autre part. L’art de la vitrerie (NDL : et du verre émaillé mousseline) peut y puiser des effets nouveaux.

NDL : Malheureusement Mr Aubriot ne profita pas longtemps de ses quatre fours à verres émaillés, en effet sont atelier verrier situé au 190 Rue du Faubourg St-Denis à Paris sera détruit dans un incendie et son entreprise liquidé le 10 Avril 1877. (Le rapport date de Février 1877)

NDL: Remarques

Four a verre emaille Gugnon

A noter la ressemblance frappante entre le four a verre émaillé décrit par Mr Aubriot et celui présent sur la photographie de l’atelier Gugnon & Fils situé au 130 Rue du Faubourg St-Denis. Ces deux personnages voisins l’un de l’autre (L’atelier de Mr Aubriot se situant au 190 de la même rue…)  ayant déposés des brevets d’inventions conjointement, il serait intéressant de connaître la nature exacte de leurs collaborations technico-commerciales. (Recherches à suivre…)

 

Sources:

Vitre imprimée mousseline 1877 Partie 3

Troisième Partie d’un rapport de 1877 par la société d’encouragement des Arts Chimiques, qui nous renseigne sur la fabrication d’un modèle de vitre imprimée mousseline avec ajout de décors en tulles brodés. Description faite  par  son inventeur Monsieur Aubriot verrier fabricant à Paris.

 

Vitre imprimée tulle brodés

NDL : Mr Aubriot s’adresse toujours à la commission de la société d’encouragement des Arts Chimiques. Il explique aux personnes de l’assemblée la fabrication des verres émaillés mousselines avec Tulle brochés ou non semblable à la photo ci-contre, à l’aide d’une machine de son invention :

Préparation du décor tulle.

3/… Sur un châssis prévu à cet effet on tend soit une tulle, soit une mousseline unie, brodée ou brochées ; s’il y a des parties brochées on les met en concordance avec les ornements déjà réalisé par le pochoir précédent, puis on passe dans la boîte à poussière.

NDL : Il s’agit donc d’utiliser une vitre imprimée mousseline simple (Voir partie 2) au décor fraîchement fabriquée et avant cuisson de fixation de l’émaillage. Ensuite il s’agit de positionner correctement par-dessus ce vitrage préalablement décoré de son motif, un autre décor en maillage de Tulle, brochés (petits décors tissés) ou non. La boîte à poussière de Mr Aubriot semble être une amélioration d’une invention de Mr Gugnon…

Le Saupoudrage sur la vitre imprimée.

4/ Cette Boîte à poussière est hermétiquement fermée ; elle renferme à la partie inférieur un réservoir, dans lequel se trouve une certaine quantité de couleur (NDL : émail vitrifiable) en poudre impalpable (NDL : Texture du Talc mélange sec de gomme arabique et d’émail grisaille) et parfaitement sèche. Au Moyen d’un soufflet on fait arriver de l’air dans cette caisse, de l’air qui détermine un nuage, lequel se répand uniformément dans la boîte, et vient se déposer régulièrement sur la feuille de la vitre imprimée en mousseline que l’on a glissée lentement dans l’emplacement prévu au fond de la boîte.  La poussière n’adhère pas au verre, elle se dépose tout aussi bien sur le verre que sur le décor précédent. En enlevant le châssis avec précaution, on voit ensuite apparaître les dessins de la dentelle, le tulle uni ou broché.

 

NDL : Il faut imaginer une grande boîte rectangulaire d’une dimension minimum intérieure de 1,5 x 0.90 mètres, (estimation faite à partir des dimensions courantes des plus grands verres à vitres soufflés de l’époque). La hauteur de ce dispositif est indéterminée pour le moment… A l’intérieur on y dispose la vitre imprimée mousseline préalablement décorée au pochoir par brossage (Voir Partie 2) et par-dessus un châssis avec un tulle tendu décoré ou non de motifs brochés (En fait une sorte de tamis). L’étape suivante consiste à injecter de l’air dans la caisse fermée avec l’aide d’un soufflet pour soulever un nuage de poussières d’émail en poudre, qui se dépose ensuite dans les mailles très fines du tulle tendu.

La Machine a poussière de Mr Aubriot

Machine de fabrication de verre Mousseline

Plan d’origine et description.

  • Vue 1 : Coupe verticale face avant
  • Vue 2 : Coupe verticale face arrière
  • Vue 3 : Vue de dessus
  • A : Soufflet Manuel.
  • B : Conduit d’air (Tuyaux)
  • C : Réservoir de l’émail en Poudre
  • D : Trémie (Sorte de grand entonnoir)
  • E : Deuxième trémie à l’intérieur de la précédente (C)
  • F : Partie vide entre les parois des 2 trémies
  • G : Conduits d’échappements du trop-plein d’air.
  • H : Collecteur des poussières entraînées par les conduits (G)
  • I : Boîte de récupération des poussières conduite par l’échappement (G)
  • J : Plancher de la boîte.
  • K : Chambre à poussières
  • L : Rainures guidant la table mobile sur laquelle est déposé le vitrage et le châssis a tulle tendu.
  • M : Trappe de chargement de l’émail.
  • N : Porte de chargement de la table mobile.

Source:  CNUM Conservatoire des Arts et Métiers.

 

 

Vitrages imprimés mousseline 1877 Part-2

fabrication des vitrages imprimés mousseline

Seconde Partie d’un rapport de 1877 par la société d’encouragement des Arts Chimiques, qui nous renseigne sur les travaux d’un certain Mr Aubriot sur l’industrialisation des vitrages imprimés mousseline, avec invention d’un procédé de fabrication en couleur associé à un four de cuisson spécifique.

 

Les vitrages imprimés mousseline, entre dans la décoration des boudoirs, vestibules, salles de bains et autres chambres comportant un certain luxe. On a remplacé par les verres mousseline en couleur, ou à plusieurs couleurs, les verres mousseline ou tulle, primitivement employés, obtenus par les procédés classiques, unis ou à dessins variés.

 

NDL : Mr Aubriot nous parle ici du remplacement de verres mousseline classique blanc, gris ou avec Tulles brodées, par des verres mousselines de couleurs de sa fabrication.

Il s’adresse toujours à la commission d’Encouragements des Arts Chimiques…

 

… Vous avez été les témoins attentifs des premiers essais tentés pour créer l’industrie des verres mousselines obtenus au pochoir. Les Tentatives faites à Chatou dans la petite usine fondée par Duval, l’inventeur de la méthode dite par saupoudration, vous a été soumises. M. A Pailleux-Salatz a désiré plus tard prendre votre avis sur ce qu’il appelait le verre peint impression vitrifiée et inaltérable.

Ces deux méthodes pratiquées à l’origine dans la fabrique de Chatou sont perfectionnées dans leurs détails ; elles permettent d’obtenir actuellement (NDL : 1877) des vitrages imprimés mousseline inaltérables en une ou plusieurs couleurs, offrant une très grande variété de nuances et même des dispositions très heureuses et très bien accueillies par l’art de la vitrerie.

 

NDL : A l’heure actuelle, pas de trace écrites de ces tentatives à Chatou…

Mr Aubriot expose à présent les différents principes liés à cette fabrication.

 

Fabrication des vitrages imprimés mousseline.

1/ Après avoir nettoyé à sec la surface du verre, au moyen d’un chiffon très propre et d’un peu de craie si il y a quelques parties qui ont été graissées par les mains d’un ouvrier, on y étend une première couche de couleur vitrifiable, soit verte ou jaune ou bleue. Cette couleur, bien broyée est étendue à consistance convenable avec un peu d’eau gommée ; on régularise la surface avec un blaireau dans le sens de la largeur de la feuille d’abord, puis dans le sens de la longueur ensuite. On fait ainsi disparaître toutes les inégalités laissées par la brosse. On fait ensuite sécher à une douce chaleur.

 

NDL : L’eau gommée est un mélange d’eau et de gomme arabique (sorte de colloïde naturelle issue d’une variété d’acacias Nord Africain.)

 

2/ Quand toute l’eau est évaporée, on applique sur la feuille de verre un carton découpé ou une vignette percée à jour (NDL : Pochoirs) avec points de repères : on frotte avec une brosse dure pour enlever la couleur pulvérulente et dénuder les parties qui doivent être transparentes. La vignette percée à jour est ensuite déplacée, mise au moyen des points de repères (NDL : sur la partie suivante que l’on veut traiter), et ainsi de suite de proche en proche, de manière à réaliser le décor sur toutes la surface de la vitre. Les feuilles de verres sont ainsi propres à être transformées en vitrages imprimés mousseline de couleur.

 

NDL : L’opération de brossage peut se dénommer : putoiser du fait de l’utilisation d’une brosse à poils de putois.

 

A Suivre…..

Source:  CNUM Conservatoire des Arts et Métiers.

 

RAPPEL : On retrouve toutes ces étapes de fabrications de vitrages imprimés mousseline dans la reconstitution vidéo ci-dessous :