.Miroitiers et verre diamantés vers 1900. – L'atelier du verre Mousseline
Fabricant de vitrages anciens

Miroitiers et verre diamantés vers 1900.

Réalisation prestigieuse pour l’atelier en cette fin du mois d’Août avec la gravure de motifs mousselines sur verre à vitre plaqué rouge d’après des fragments originaux provenant d’une bâtisse du Nord-Est de la France. Ce type de vitrage gravé par acide fluorhydrique est assez rare à présent et était produit par les miroitiers de la fin du 19ème siècle. L’origine exacte de ces vitrages n’a pu être établie, mais certains d’entre eux encore intactes dans cette maison dépassant les 1,20 mètres et ne sont même plus reproductibles…

Cette technique de gravure sur verre issu des ateliers de vitraux, s’appliquait aussi bien sur des verres à vitres transparents que sur des  verres de couleurs dit ” plaqué”, c’est à dire un vitrage clair avec une couche de couleur sur une seule de ses faces. En gravant cette couche de couleur on arrivait à la partie claire, ce qui permettait d’obtenir un effet décoratif que l’on nommait à l’époque : Verre à vitre diamanté sur émaux de couleur.

Pour cette réalisation l’atelier utilise exactement le même type de verre qu’à l’époque, qui est encore produit dans 2 verreries en Europe. Pour obtenir le décor l’acide est bien sûr remplacé par un sablage à faible intensité. Un fois gravé un traitement particulier est appliqué afin de redonner un coté mat translucide au vitrage.

Miroitiers et verre diamanté gravé

Miroitiers et verre de couleur 1900

Verre de porte rouge grave

Les miroitiers au 19ème siècle.

 

Le verre à vitre diamanté a commencé à apparaître chez les miroitiers vers 1878, (mais est présent sur des brevets de 1859) alors que les techniques de gravure par acide commençaient à être maîtrisées. Il faut bien distinguer le verre décoré à chaud, comme le verre mousseline ou la peinture sur verre domaine des maîtres verriers du vitrail et des verreries et le verre travaillé à froid domaine des miroitiers. Pendant longtemps seul, la fourniture et la coupe de verre à vitre au détail, le façonnage (alors manuel), ou la gravure mécanique par roues ou meules, associé à l’argenture était les principales activités des miroitiers. La désignation de ce métier vient de miroir, miroiter, argenter, c’est à dire déposer une mince couche d’argent (pendant longtemps du Mercure) sur une face d’une plaque de verre pour lui donner un coté réfléchissant.

 

L’essor d’un métier.

 

L’arrivée de la gravure par acide et plus tard du sablage, permettant de dépolir ou graver en plusieurs nuances un vitrage, à donner à l’époque un véritable élan à ce métier le spécialisant dans l’agencement de boutiques et autres commerces de la fin du 19ème siècle. Etait alors réunis dans certain atelier comme celui du miroitier Codoni à Paris, un grand nombre de corps de métiers, comme la sculpture et l’ébénisterie, la polychromie et la dorure, la peinture, le vitrail et bien sur le façonnage du verre et donc son argenture. Cette cohabitation de corps de métiers aussi différents les uns des autres dans un même atelier permettra l’apparition de nouvelle production comme la réalisation d’enseignes associant, verre façonnés ou gravé, pierre, dorures, sérigraphie et peinture. Ce fut un véritable âge d’or pour les miroitiers.

 

Ce qu’il reste de cette époque.

 

Aujourd’hui ce métier sous cette forme là à disparu en France et il n’y a quasiment plus de miroitiers façonneurs manuel avec autant de savoirs faire dans ses ateliers. Seul quelques ateliers artisanaux de décoration sur verre, ou dans le vitrail bien isolés les uns des autres pratiquent quelques une de ces techniques mais dans une bien moindre mesure… Il faut sortir du pays pour voir encore toutes ces disciplines associées ensembles dans quelques ateliers traditionnels, aux Etats-Unis ou en Grande Bretagne…

Artisan Verrier

Christian Fournié est Maître artisan verrier en Métier d'Art installé depuis 1997 et spécialisé dans la reproduction de vitrages décoratifs anciens. Son atelier de gravure sur verre s'appelle "L'atelier du verre mousseline" et se trouve à Beaufort dans la région viticole du Minervois (Sud de la France).