.vitre ancienne Archives – Page 2 sur 3 – L'atelier du verre Mousseline

Vitrages imprimés mousseline 1877 Part-2

fabrication des vitrages imprimés mousseline

Seconde Partie d’un rapport de 1877 par la société d’encouragement des Arts Chimiques, qui nous renseigne sur les travaux d’un certain Mr Aubriot sur l’industrialisation des vitrages imprimés mousseline, avec invention d’un procédé de fabrication en couleur associé à un four de cuisson spécifique.

 

Les vitrages imprimés mousseline, entre dans la décoration des boudoirs, vestibules, salles de bains et autres chambres comportant un certain luxe. On a remplacé par les verres mousseline en couleur, ou à plusieurs couleurs, les verres mousseline ou tulle, primitivement employés, obtenus par les procédés classiques, unis ou à dessins variés.

 

NDL : Mr Aubriot nous parle ici du remplacement de verres mousseline classique blanc, gris ou avec Tulles brodées, par des verres mousselines de couleurs de sa fabrication.

Il s’adresse toujours à la commission d’Encouragements des Arts Chimiques…

 

… Vous avez été les témoins attentifs des premiers essais tentés pour créer l’industrie des verres mousselines obtenus au pochoir. Les Tentatives faites à Chatou dans la petite usine fondée par Duval, l’inventeur de la méthode dite par saupoudration, vous a été soumises. M. A Pailleux-Salatz a désiré plus tard prendre votre avis sur ce qu’il appelait le verre peint impression vitrifiée et inaltérable.

Ces deux méthodes pratiquées à l’origine dans la fabrique de Chatou sont perfectionnées dans leurs détails ; elles permettent d’obtenir actuellement (NDL : 1877) des vitrages imprimés mousseline inaltérables en une ou plusieurs couleurs, offrant une très grande variété de nuances et même des dispositions très heureuses et très bien accueillies par l’art de la vitrerie.

 

NDL : A l’heure actuelle, pas de trace écrites de ces tentatives à Chatou…

Mr Aubriot expose à présent les différents principes liés à cette fabrication.

 

Fabrication des vitrages imprimés mousseline.

1/ Après avoir nettoyé à sec la surface du verre, au moyen d’un chiffon très propre et d’un peu de craie si il y a quelques parties qui ont été graissées par les mains d’un ouvrier, on y étend une première couche de couleur vitrifiable, soit verte ou jaune ou bleue. Cette couleur, bien broyée est étendue à consistance convenable avec un peu d’eau gommée ; on régularise la surface avec un blaireau dans le sens de la largeur de la feuille d’abord, puis dans le sens de la longueur ensuite. On fait ainsi disparaître toutes les inégalités laissées par la brosse. On fait ensuite sécher à une douce chaleur.

 

NDL : L’eau gommée est un mélange d’eau et de gomme arabique (sorte de colloïde naturelle issue d’une variété d’acacias Nord Africain.)

 

2/ Quand toute l’eau est évaporée, on applique sur la feuille de verre un carton découpé ou une vignette percée à jour (NDL : Pochoirs) avec points de repères : on frotte avec une brosse dure pour enlever la couleur pulvérulente et dénuder les parties qui doivent être transparentes. La vignette percée à jour est ensuite déplacée, mise au moyen des points de repères (NDL : sur la partie suivante que l’on veut traiter), et ainsi de suite de proche en proche, de manière à réaliser le décor sur toutes la surface de la vitre. Les feuilles de verres sont ainsi propres à être transformées en vitrages imprimés mousseline de couleur.

 

NDL : L’opération de brossage peut se dénommer : putoiser du fait de l’utilisation d’une brosse à poils de putois.

 

A Suivre…..

Source:  CNUM Conservatoire des Arts et Métiers.

 

RAPPEL : On retrouve toutes ces étapes de fabrications de vitrages imprimés mousseline dans la reconstitution vidéo ci-dessous :

Le verre prismatique

Parmi les productions des verreries de la fin du 19ème siècle, on trouve des verres à vitres aux propriétés lumineuses: Le verre prismatique. Ce vitrage étrange, à été produit par Saint Gobain / Chauny et Cirey et Breveté SGDG. Il fait surtout partie des verres fabriqués avec le procédé de Mr Chance (GB) exclusivité de Saint-Gobain entre 1890 et 1914.

 

En fait, Il s’agit d’un verre coulé qui a la propriété d’amplifier la lumière naturelle du soleil. Ils était utilisé pour :

 

Pour mieux comprendre, voici ce qu’en disaient des catalogues de l’époque vers 1908 et 1912.

Le verre prismatique.

Slogan : Nous affirmons que seul Le Verre du jour peut s’emparer de la lumière du jour, l’augmenter et la diffuser même dans les locaux les plus obscurs.

Le verre prismatique Aniche

Un verre amplifiant la lumière…

 Le Verre prismatique ou verre de jour est basé sur les principes des lois optiques de Fresnel. C’est-à-dire: la réunion des prismes et des lentilles, afin d’attirer la lumière naturelle du jour.  Le but recherché étant ensuite de la diffuser dans les locaux mêmes les plus obscurs. De plus ce vitrage n’exige pas de châssis spéciaux pour sa mise en place. Il se fixe directement dans les feuillures des fenêtres à la manière des verres ordinaires….

 

… Pour l’éclairage des lieux sombres

…Tout d’abord l’emploi du verre du jour est infini. Il est précieux pour l’éclairage des sous-sols, ou l’usage de la lumière est toujours dangereux et coûteux. Que cela soit pour les rez-de-chaussées ou en certaine saisons la lumière brûle toute la journée. Mais aussi pour les écoles, banques, cages d’escaliers, salles de bain, cabinets de toilette, etc…

Ensuite, le verre de jour peut rendre de grands services comme plafonds d’usines, dans les ateliers, soit en toitures vitrées, soit sous lanterneaux.  Enfin, pour finir,  le verre prismatique est bien adapté dans certaines industries qui ne peuvent travailler qu’à la lumière naturelle du jour. Ainsi, ces usines pourront avec son concours augmenter très sensiblement leurs journées de travail dans la moitié de l’année (notamment l’ Automne et hiver).

 

Tarif de l’époque (1912) : 15 Francs du mètre carré.

 

Sources :  Archives physique. D’abord les Tarifs de la Miroiterie Codoni en 1908. Ensuite un tarif de la Société du verre étiré à Paris vers 1912.

Photos 1 : Archives privées de Christian Fournié

Photos 2 : Centre de Mémoire de la Verrerie d’en Haut à ANICHE

Paul Bitterlin Maître-Verrier

Cet article est consacré au maître verrier Parisien Paul Bitterlin. Cet article a été rédigé dans l’état actuelle de mes connaissances sur le sujet et est bien sûr susceptible d’être actualisé par la suite. Il est complémentaire de la page dédié sur les motifs des vitrages décoratif gravés par acide.

 

Gravure a l'acide par Paul Bitterlin

 

Paul Bitterlin et l’acide.

Ce type de vitrage semble-t-il à été inventé par un certain Paul bitterlin lors de ses recherches sur la gravure du verre par acide fluorhydrique commencées en 1853. Paul Bitterlin était un maître Peintre Verrier, son atelier à Paris employait une quarantaine de personne en 1878. Spécialiste du décor gravé il perfectionna cette technique connue depuis longtemps dans le vitrail.

Au départ c’est en Angleterre que cette technique de gravure était employée. On l’utilisait pour graver des lettrages sur des enseignes de commerces. Mais les rendus étaient plutôt grossiers. En même temps les verriers MM Chances Frères de Londres faisaient aussi des essais de gravure par décalquage au pochoir de la même façon que Gugnon et Maréchal à Metz en 1853.  La même année avec l’aide de chimistes, Paul Bitterlin commença à avoir des résultats, obtenant 2 types de gravures distinctes sur la même surface de verre.

 

Des problèmes d’ irrégularités.

Mais les irrégularités de surfaces des verres à vitre de l’époque provoquaient des défauts d’aspects. Par la suite l’utilisation de vitrages déjà dépolis à l’émeri (Procédé de dépolissage du verre par frottage avec abrasif) ou de glaces doucies (verres à la surfaces plus régulières) lui permit d’obtenir 4 niveaux de morsures différentes sur la même vitre. En 1858 les procédés de gravure de Mr Bitterlin étaient à peut-prêt aux points. Il l’appliquait même sur des surfaces courbes et des verres colorés. Mais c’était encore imparfait, contrairement aux idées reçues l’acide Fluorhydrique ne dépoli pas le verre régulièrement. En fait il s’attaque à la silice présente dans la composition du verre. Cela donnait des rendus de surfaces différent d’un vitrage à l’autre suivant les provenances du verre a vitre. En effet, les verreries de l’époque n’ayant ni les mêmes matières premières ni les mêmes recettes de compositions.

Un grande médaille d’or.

En 1863 Paul Bitterlin obtint la grande médaille d’or de l’exposition universelle. Mais son procédé de gravure sur verre restait coûteux du fait de l’emploi de glaces de grandes qualités déjà dépolies ou doucies manuellement. La même année un certain Tessier du Motay communiquait le résultat de ses recherches sur l’emploi de doubles fluorures pour l’industrie. S’en inspirant on non, Mr Bitterlin obtint enfin des gravures régulières sur des surfaces transparentes de verres à vitres courant.  Il réussit donc à a maîtriser le niveau de mordant de cet acide abominablement dangereux dans sa manipulation et ses émanations.

 

En 1876 il obtint la médaille de l’exposition universelle de Philadelphie

 

La même année il déposait 3 brevets.

  • Un procédé de vitrification des surfaces silicieuses par acide fluorhydrique donnant des effets granuleux sans perte de coloration native.
  • Nouvelles applications d’émaux translucides et transparents.

Par la suite Paul Bitterlin céda ses découvertes à Mr Lefebvre Miroitier à Paris remplaçant ainsi tous les procédés de dépolissage mécanique du verre de l’époque.

Quelques une de ses réalisations de l’époque.

  • Les plafonds des théâtres de la ville de Paris : Châtelet, Lyrique, Gaîté et Vaudeville.
  • Le Grand dôme du Tribunal de commerce de Paris.
  • Le plafond de la Chambre des pairs à Lisbonne.
  • Les travaux décoratifs du Sénat et de la Chambre des députés de Belgique.

 

 

Source:  C- Fournié d’après un cahier de l’exposition universelle de Paris 1878.