. Le Verre diamanté Picard – L'atelier du verre Mousseline

verrerie mousseline 2021

Le Verre Diamanté

PICARD – 1872 – 1939

Les vitrages PICARD

Clairs ou en couleurs

verre plaque St-Just

Il s’agit au départ d’un verre à vitre clair ou en couleur (pour simplifier) décoré de motifs mousselines clairs gravés en reliefs par acide fluorhydrique. L’aspect brillant du fond perlé résultant de cette méthode étant sans doute à l’origine du choix de sa dénomination.

 

A noter d’une part que pour le moment il n’existe pas de trace de l’origine de cette dénomination. Et d’autre part que St-Gobain-Chauny et Cirey reprendra cette appellation par la suite, dans sa production de vitrages imprimé industriellement à chaud. Par son aspect,  même si il s’agissait de fabrication de verre à froid, on peut néanmoins raisonnablement affirmer que le verre diamanté est un précurseur du verre à vitre imprimé à relief 

La Reproduction

Du jet de sable

L’atelier à numérisé et reproduit plusieurs modèles de motifs d’époque. Néanmoins le procédé de gravure sur verre par acide fluorhydrique d’origine utilisé pour la fabrication de ces vitrages n’est pas facile à mettre en oeuvre.  En effet les normes actuelles en terme d’environnement ou de santé pour les opérateurs, ne permettent pas de reproduire ce procédé d’une manière artisanale.

L’atelier utilise donc des procédés moins agressifs, comme le sablage ou l’impression par sérigraphie pour reproduire ces vitrages si délicats.

modèle de dessin de vitre D-6

verre diamante Picard

verre a relief diamante

verre a relief diamante rouge

verre a relief diamante jaune

verre a relief diamante clair

gravure-sur-verre D600

gravure-sur-verre D617

Vitre a fleur de lys

verre-oriental-D-650

vitre depoli D-651

Vitre Picard N°660

vitre decorative Picard D-669

vitre decorative Picard D-674

Vitre a motif en relief D-882

Verre diamanté PICARD

Le fait d’une seule famille

Picard freresComme son nom ne l’indique pas, le verre diamanté Picard n’a rien à voir avec la région de Picardie. Ce serait plutôt un vitrage fabriqué et commercialisé par la famille Picard, venant de la Chaux-de-Fonds, en suisse en rapport d’ailleurs avec le fabricant de montres et de matériel d’horlogerie du même nom.

D’ailleurs cette histoire commence de la même manière, avec des verres de montres.  D’abord installée à Strasbourg, la compagnie Picard Frères rachète ensuite une société de fabrtique de verres de montres à Sarrebourg. En 1872 cette même compagnie transforme ensuite en verrerie un moulin à blé connu sous le nom de Moulin Désalme situé quai de la Vézouze à Lunéville. (Photos ci-dessous).

Picard Frères fabrique alors toutes sorte de verres droits ou bombés destinés à l’horlogerie.  Un second atelier est nommé « l’atelier des artistes » et travaille sur du verre gravé. Cette usine fermera entre 1917 et 1920.

 

PICARD & CIE

La société Picard Frères a des bureaux à Paris au 84 Quai Jemappes. En effet dans les almanachs de l’époque elle est effectivement référencée comme fabricante de verres de montres à cette adresse. Mais en fait, ce n’est pas tout. Dans ces mêmes almanachs ou retrouve une société Picard et Cie, située à la même adresse, mais référencée plusieurs fois. D’abord en gravure sur verre à vitre, puis en fabricant de verre Opale. Une exposition existait à la même adresse ou on pouvait voir les différentes applications d’opale. Un atelier de fabrication de “verre diamanté” se trouvait au 55 rue des meuniers toujours à Paris.

Vers  1895 cette société construisit de grands ateliers situés au 111 et 113 Rue Reuilly à Paris. En 1903 Charles Gaston Picard né à La Chaux de Fond (Suisse) en 1856 et Fils de Léon Picard succède à Picard & cie. Après 1920 il s’accocie à son fils avec un nouvel étblissement plus modeste situé vers la  Rue Pascal toujours à Paris

On sait aussi qu’il contribua gratuitement à la fourniture de vitraux pour la verrière du Palais des Colonies. Cette personne a été également président de la chambre syndicale verres à vitres. Il fut aussi décoré de la légion d’honneur en 1932.

CH G PICARD décède en 1938. Malheureusement son atelier disparaîtra vers 1942, la famille Picard était d’origine juive.

Publicite vitrages Picard 1895

Verre diamanté Picard et Cie Paris 1890

Picard et Cie 1900

Entête Picard & Cie Paris 1900

verres a vitres PICARD Paris

Entête CH-G PICARD

La gravure sur verre diamanté

De la décalcomanie…

La société Picard et Cie avait entre-autre, développée un procédé de production de pochoirs pour le verre diamanté à l’acide.

En fait on peut dénombrer 3 procédés chronologiquement successifs de fabrications pour la gravure sur verre diamanté par acide.

 

Le saupoudrage

Ce procédé très simple a été formulé en 1853.  Il s’agissait d’un brevet déposé par Louis Napoléon Gugnon, à l’époque associé à Louis Maréchal au sein d’un même atelier de peinture sur verre et de fabrication de vitraux à Metz de 1838 à 1870. Le procédé reprend principalement les mêmes pochoirs en cuivres ou laitons ajourés que pour la fabrication du verre Mousseline.

La différence c’est surtout qu’au lieu d’enlever de la matière par brossage, on en rajoutait par saupoudrage ou tamisage à travers les parties ajourées du pochoir à l’aide d’un mélange de Bitume de Judée et de gomme laque réduit en poudre très fine. Cette poudre s’agglomère alors sur le verre préalablement enduit d’essence de térébenthine chauffée à 35 °. On obtenait ainsi une fois sec, un dessin de motifs répétitifs à l’aspect de goudron, prêt à être gravé par acide Fluorhydrique.

 

Le cliché.

Ni plus ni moins qu’une reproduction photographique, déjà ! Mr Abel Niepce de Saint Victor (1805-1870) cousin germain du célèbre Nicéphore Niepce (inventeur de la photographie), décrit dès 1850 un procédé de pochoir photosensible dans son traité sur la gravure Héliographique afin de graver du verre à l’acide. Le procédé fut par la suite perfectionné par ajout de chrome pour augmenter le niveau de sensibilité.

Une méthode complexe,

Le procédé est le suivant :  D’abord on enduisait une plaque de verre d’un mélange de bitume de Judée (sorte de goudron naturellement photosensible), sulfure de carbone, cire jaune, térébenthine et caoutchouc, le tout hors lumière du jour. Ensuite on exposait le tout au soleil de midi en plaquant un verre poli transparent/peint émaillé noir, décorée du motif ajouré à reproduire (Une sorte de négatif). On développait alors le tout à l’eau. les parties du dessins exposées au soleil se durcissaient, les parties cachées se dissolvaient lors du développement. Enfin, une fois séché, on obtenait ainsi un pochoir résistant à l’acide fluorhydrique. L’enlèvement du pochoir se faisait au benzène ou à l’acide chlorhydrique suivant les mélanges.

 

Le procédé de transfert Picard

En fait une forme de décalcomanie. Au départ, on réalisait un cliché (voir ci-dessus) sur une plaque de verre, gravée ensuite profondément par acide. Ce vitrage va alors servir de Matrice de reproduction du motif.

Le transfert

Etape suivante on enduisait alors cette matrice au couteau à mastic avec une pâte à imprimer sur les parties en relief de la matrice. Cette pâte était un mélange de Bitume de judée, cire Jaune, stéarine, suif, poix, résine et essence. Ensuite on recouvrait le tout d’un papier de soie frotté de blanc d’Espagne. Puis on pressait délicatement pour ensuite enlever le papier, sur lequel se retrouvait tous les motifs imprimés. Enfin on transférait ce même papier imprimé sur le verre à graver. Une fois mouillé, le papier se délitait ne laissant que les motifs qui restaient fixé au vitrage ainsi prêt à être gravé.

 

Ci dessous un extrait du rapport interne de la verrerie de Jeumont rédigé par un certain Hector Douillez chimiste et dessinateur.

verre mousseline a l'acide

Mousseline Gravé Jeumont 1898

Verre mousseline par acide

Verre Mousseline Jeumont 1898

Sources & Liens

CREDITS

 

 C. Fournié. Décembre 2021