. Les vieux vitrages Archives – L'atelier du verre Mousseline

Art-déco et sablage sur verre

NDL :  Si je vous dis « vitrail » vous me répondrez cathédrales, Chartres ou Notre Dame bien sûr… Mais si je vous dis verre sablé, sablage sur verre Art-Déco… à moins d’être du métier ou connaisseurs… les réponses sont beaucoup moins claires… Voici donc mon article sur l’âge d’or de la décoration sur verre par sablage dans les années 30… comme toujours, il s’agit d’un résumé,  pour allez plus loin Les sources sont citées en bas de page… Bonne lecture. CF

 

L’Art-Déco

Souvent associé aux années 20, Le mouvement Art-Déco (abréviation d’Art décoratif) est un mouvement artistique qui apparait en fait vers 1910. Sur le principe il s’agit d’une opposition aux formes arrondies naturelles et végétales de l’Art Nouveau auquel il succèdera pleinement après la première guerre mondiale. A noter que le style Art-déco se caractérise par des compositions de formes géométriques ce qui le rend d’autant plus facile à reconnaître.

Luminaire art deco

Dessin original Art déco par Léoplod Van Lierde Graveur sur verre en 1930

Ci dessous des reproductions de vitrages Art-déco.

Réalisation atelier du verre Mousseline

(NDL) : Il ne m’est pas possible d’exposer ici pour le moment les dessins, catalogues, ou photographies originales que j’ai pu collecter. En effet certains droits d’auteurs sont toujours en vigueur actuellement. Ce sont donc quelques reproductions gravées par mon propre atelier qui servent d’illustrations.

Dessin style art-deco

Modèle de décor style Art-déco

Dessin décor luminaire art-deco

Modèle de dessin  Luminaire Art-déco

gravure sur verre art-deco

Panneau de verre Art-déco gravé par sablage

Porte vitree art-deco

Porte sablée Art-déco années 30

panneau art deco gravure au jet de sable

Gravure sur verre Art Déco au jet de sable

givrage sur verre

Verre dépoli effet givré

Le Sablage sur verre

du vent et du sable…

 

1872 la première sableuse

La technique du sablage sur verre trouve son origine avec l’ingénieur Thilghman aux états unis. Vers 1872 il remarqua l’usure du sable projeté par le vent sur de nombreux vitrages d’habitations situées sur les plages le long de la côte Est des Etats-Unis. Partant de ce principe de projection de sable par l’air il inventa alors un appareil qui sera breveté et qui deviendra la première machine de sablage sur verre à vapeur sous pression. Par la suite le principe du sablage sur verre se perfectionnera, notamment avec l’ingénieur Allemand Alfred Gutmann.  Mais ce n’est qu’à la fin des années 1900 avec l’arrivée de l’air comprimé, que les premières utilisations industrielles apparaissent. D’abords pour le traitement des surfaces métalliques (microbillage d’aujourd’hui), puis pour le marquage du verre creux ( gobeleterie)  et enfin, pour la réalisation de gravure sur marbre ou sur verre comme la marmorite, ou l’opale.

L’âge d’or pour le sablage sur verre

Une technique bien adaptée…

La technique de sablage sur verre associée à des pochoirs adhésifs souples arriveront à maturités dans les années 1920 grâce à la demande dûe au mouvement Art-déco. Particulièrement bien adapté aux lignes et formes géométriques qui caractérisent ce style décoratif, il y aura un véritable âge d’or pour le verre sablé et ses techniques de décorations.  Cependant, cela ne concernait pas que le verre plat, mais aussi le verre à chaud, comme le moulage (Lalique…) ou le pressage (Sabino…)  Entre autre…

 

Des vitrages plus épais

le verre étiré 

La fabrication du verre par etirage a Aniche

Les années 30 marquait également l’arrivée de nouveaux procédés de fabrication du verre plat avec notamment l’étirage Fourcault . Ce procédé permettait la fabrication de grand panneaux de verres de fortes épaisseurs en grandes quantités. L’étirage Fourcault à littéralement atomisé le soufflage traditionnel du verre plat au canon qui finira par disparaître en 1939. De grande verrerie de l’époque adoptèrent ce procédé, comme la verrerie d’en Haut à Aniche, la verrerie de Penchot près de Decazeville entre autre… Ces nouveaux produits verriers se révélèrent des surfaces idéales pour le sablage sur verre. Ils ont permis la réalisation de grands ensembles décoratifs pendant toute la pèriode Art-déco.

Une technique contraignante

Un matériel conséquent

Comme on peut le constater ci-dessous, les sableuses d’aujourdhui ne sont pas très différentes de celles utilsées à l’époque.

sableuse a surpression luchaire

Matériel de sablage sur verre dans les années 30

sableuse Sloan pour le sablage sur verre

Sableuse Sloan St-Ouen années 30

sableuse pour la gravure sur verre

Sableuse a surpression en jet libre 2021

Il faut noter que l’utilisation du sable en abrasif pour le sablage sur verre est aujourd’hui interdite ou très contrôlée. Le sable a été remplacé par l’oxyde d’alumine (corindon) qui a la particularité de ne pas se fixer dans le corps humain. La santé est ainsi préservée face aux maladies respiratoires due à l’exposition à la silice. Les filtrages d’air pour les casques, le dépoussiérage ainsi que les améliorations des débits d’air des compresseurs sont bien sûr plus évolués que dans les années 30. Cela dit pour le reste, le travail du sableur en jet libre reste encore auhourd’hui quelque chose de difficile, très physique et très solitaire… NDL . Je reviendrais bientôt la dessus dans un prochain article… affaire à suivre

Casque pour le sablage sur verre

Casque de sablage Sloan St-Ouen 1930

Scaphandre jet libre

Casque de sablage 2021

Pochoirs adhésifs pour la gravure

De la Colle et du papier buvard

A cette époque bien sûr pas encore de vinyl adhésif en rouleaux comme aujourd’hui. La confection de pochoirs adhésifs pour le sablage sur verre était encore quelque chose de très artisanal. D’un coté du papier buvard multicouches, de l’autre de la colle à chaud pour l’enduire. Il s’agissait surtout de ne pas être trop dur, en effet plus une matière est dure plus elle est altérée par le jet de sable sous pression. A l’inverse un pochoir adhésif plus souple résistera mieux à l’impact de l’abrasif qui rebondit sur sa surface. Des fabricants commercialiseront ce type de pochoirs adhésifs jusque dans les années 60-70. La réalisation des décors se faisait en découpe manuelle à l’aide de stylets.

papier colle pochoir de sablage

Papier colle pour le sablage sur verre

pochoir de sablage

Pochoir pour le sablage 1950

Ateliers et Art-déco

C’est à partir de 1925, que l’on trouve dès lors un véritable engouement pour la technique du sablage sur verre. Aussi, plusieurs ateliers de décorations sur verre de l’époque, se spécialisent ou s’adaptent à ce « nouveau » mode de production créatif. On retrouve ainsi le verrier Gerrer de Mulhouse, mais aussi des miroitiers comme Courbu à Bordeaux ou J-Scory à Paris en plaine St-Denis, sans oublier le fabricant d’enseignes Bouvais à Paris également.

Albert gerrer verres a vitres

Glaces et de verres à vitres Albert Gerrer

Miroiterie Courbu 1930 Bordeaux

F. Courbu Bordeaux Années 30

Catalogue de dessin art-deco

Etablissements J Scory Paris 1930

Bouvais enseigne paris

Enseignes BOUVAIS Paris années 30

Gaëtan Jeannin

Ingénieur des arts et métiers

De tous les ateliers actifs pendant le mouvement Art-déco, c’est celui de Gaëtan Jeannin qui se se distinguera. D’abord ingénieur des Arts et métiers, travaillant le vitrail à la suite de l’atelier G-Hubert (1858) situé au 181 avenue Edouard Vaillant à Billancourt, Il développa ensuite un grand nombre de techniques et brevets SDG sur plusieurs types de vitrages de l’époque, comme l’Opaline ou la Marmorite. Il utilisait pour cela un éventail de techniques très large. C’est-à-dire le sablage sur verre en plusieurs grains, ce qui suppose plusieurs cabines de sablages, gravure à l’acide, patines, dorure à la feuille d’or et argenture ou même mise en couleur ou vernissage…

 

Une activité commerciale soutenue

Très actif sur le plan commercial, il n’hésitait pas à faire sa propre promotion dans des revues techniques spécialisées en rédigeant des articles descriptifs et pédagogiques. Comme beaucoup d’autre ateliers de l’époque, il fera appel à des artistes pour la réalisation de dessins de décors appliqué au verre s’intégrant principalement dans l’agencement de magasins, décors de vitrines, enseignes et luminaires.

gaëtan Jeannin Gravure sur verre

Gaëtan Jeannin verrier décorateur

Atelier gaetan Jeannin

Ateliers d’art Gaëtan Jeannin

Et ensuite… ?

Et bien la période Art-déco sera le dernier style décoratif reconnu comme tel, il s’achèvera en 1939. Ensuite après la seconde guerre mondiale quelques ateliers ont perduré. Le sablage sur verre a continué dans quelques miroiteries et est tombé en désuétude s’adaptant mal aux styles des années 50 à 70. On le retrouve néanmoins, dans le grand public, sous la forme de vitrages sablés très simplifiés, fabriqué par les établissements Gerrer pour les meubles Mado.

A quelques exceptions près… Il faudra attendre les années 80 pour que cette technique de décoration du verre ressorte de l’oubli, avec une remise à jour salutaire et contemporaine grâce à l’influence de grands ateliers parisiens… mais ça, c’est une autre histoire…

Liens et Sources

  • Documentations :
  • Archives de l’atelier de gravure sur Verre Léopold Van Lierde.
  • Revues ” le Miroitier de Fance” N°22 et 23 de 1929
  • Revues “Glaces et Verres”  St-Gobain N°1 (1927),  N°2 et N° 6 (1928), N°26 (1932).
  • Photos reproduction des vitrages Art-déco par l’atelier du verre Mousseline.
  • Vidéo sur le sablage sur verre tournée en Mai 2021 à l’atelier du verre Mousseline.

Marmorite, Opaline et Marbrite Fauquez

 Pierre de Verre de Louis-Antoine Garchey

Action de la Pierre de verre de Louis-Antoine Garchey

Parmi les multiples entêtes des fabricants de décors sur verres après 1900, on trouve souvent cité:

  • la Marmorite,
  • l’Opaline,
  • le verre noir,
  • la Marbrite.

 

Ces appellations ne vous diront très probablement rien, c’est normal, ces types de produits verriers opaques unis ou marbrés ont tous entièrement disparu de nos jours.

 

Des produits verriers de revêtements.

Ces produits verriers sont tous de la même famille appelée produits verriers de revêtements.  Voici ce qu’écris Saint -Gobain vers 1930 dans son catalogue Aniche, le Boussois sur les produits spéciaux.

“L’opaline, les Marmorites et le verre noir sont des produits vitrifié opaques, d’une très grande dureté, inattaquables par les acides et inaltérables à l’air. Ces produits possèdent un pouvoir isolant, identique à celui du verre. Ils ne sont ni poreux, ni gélifs (ne gèle pas), ne s’imprègnent et ne ne se craquèlent pas “

 

Il s’agit surtout de dalles de verres coulées à plat d’épaisseurs variable de 6 à 19 M/M teintées chimiquement dans la masse. Cette famille de produit vient essentiellement d’une invention nommée “Pierre de Verre”  brevetée par Louis-Antoine Garchey (1858-1935) à la fin des années 1880. Ses Brevets furent ensuite cédés à la société St-Gobain Chauny et Cirey vers 1903.

 

En résumé ces vitrages opaques, imitaient la surface poli du Marbre sans en avoir les inconvénients en termes d’entretiens, de découpes, façonnages, défauts de surfaces compositions, disponibilités et prix.

Les verres opaques Saint-Gobain 1930

Marmorite, Opaline et Marbrite, produits verriers de revêtements.

La MARMORITE

C’est le plus commun de cette famille des produits verriers de revêtements. C’est aussi le plus facile à reconnaître, poli très régulier sur le dessus, la marmorite est le plus souvent striée sur le dessous. Mais il existe des productions polies sur les deux faces suivant les options proposées. Noire ou blanche la Marmorite pouvait aussi être colorée.

 

En France avant 1914 elle était présente en production sur le site de la glacerie de Cirey et faisaient partie des produits spéciaux commercialisés par Saint Gobain.

 

L’origine exacte du terme “Marmorite” est inconnu. Contrairement à notre époque, il n’existait pas encore de dépôt officiel de nom de Marque ou de Produit en 1900. Cela dit on peut raisonnablement supposer que ce terme provienne du mot Latin marmor, oris, marbre, marmoréen, enne, adjectif Marmorin : Qui a l’apparence du Marbre. Ce terme vient-il de son inventeur Louis-Antoine Garchey ou un de ses collaborateurs ? ou était-il présent auparavant dans le vocabulaire verrier ? la question reste sans réponse. Cela dit, comme toutes inventions de mots dans la conception d’un produit et de son utilisation ce n’est pas souvent le fruit du hasard, mais plutôt le fruit d’une longue réflexion… Publicitaire de nos jours mais très probalement plus symbolique a la fin du 19ème siècle …

marmorite Rouge griotte

Marmorite rouge griotte

Cirey, vestiges de verre

Cirey, vestiges de Marmorites.

Marmorite blanche

Morceau de Marmorite blanche

Marmorite reste de fonte

Reste de fonte de Marmorite (Cirey)

Sous face striee de la marmorite

Face striée de la marmorite

Marmorite rouge

Marmorite Rouge glacerie de Cirey

verre ancien noir

Verre noir

Ou la trouve t’on ?

C’est surtout en noir ou en Blanc que l’on peut avoir des chances d’en trouver encore dans les constructions anciennes et autres anciens commerces. En Fait on peut plus surement la trouver dans les cimetières. En effet, la marmorite à été très prisée par les ateliers de gravures sur verres dès 1900 notamment pour la gravure de plaques mortuaires, ou commémoratives. On peut aussi l’associée à la démocratisation et aux évolutions des procédés de gravures par jet de sable. On trouve même le terme “Marmographie” (gravure d’enseigne sur marmorite). ***  dans des publications de l’époque.

 

Ce produit verrier se prêtait particulièrement bien à la dorure, ou la mise en couleur de lettrages, soit pour la réalisation d’enseignes, tableaux réclames, ou devantures de magasins comme chez le graveur BOUVAIS à Paris…  ou entre autre dans le funéraire comme chez le verrier Albert GERRER à Mulhouse.

plaque marmotite A.Gerrer

Catalogue Marmorite Funéraire Albert Gerrer

Enseigne Bouvais 1927

Glace décorative Bouvais Paris 1927

Enseigne ancienne

Modèle d’enseignes de 1900 Bouvais Paris.

Enseignes Bouvais

Bouvais Gravure sur Marmorite et Opaline

Lettrages gravure sur verre

Modèles de lettres gravées sur verre

Verre Opaline.

 

A première vue l’aspect de la marmorite et de le verre opaline semble très similaire. Les différences principales sont :

 

  • D’abord une planéité plus irrégulière de la surface polie
  • Ensuite, une surface granuleuse en sous face
  • Enfin, même en forte épaisseur, le verre Opaline est plus translucide et laisse passer de la lumière.
Verre opale Blanc

Opaline Blanche

Verre opaline sous face

Opaline sous face

Panneau en opaline

Panneau électrique en verre opaline

Le verre opaline se prêtait bien à la réalisation de plateau de table, et autres mobiliers art-déco des années 30. La compagnie Internationale des Wagons-Lits l’a notamment utilisé pour ses dessus de toilettes de luxe.  

 

On le trouvait aussi dans les installations sanitaires en séparations d’urinoirs, et dans le domaine médical en revêtement mural pour les salles d’opération ou les laboratoires.

 

A signaler aussi les capacités isolante de l’opaline qui en faisait un produit idéal pour la réalisation de tableau de distribution dans l’industrie électrique de l’époque.

 

L’installation de l’opaline pouvait se faire soit par collage au mastic, soit par perçages et vissages.

Marmorite et Opaline Finitions et teintes :

 

Dimensions de productions.

Soit une face polie, une face striée pour la Marmorite, une face polie une face rugueuse pour le verre Opaline.

  • 9 à 11 M/M dimensions maximum: 3240 x 1710 M/M
  • 14 à 16 M/M : 3450 x 2100 M/M
  • 20 à 22 M/M : 3000 x 2100 M/M

Soit les deux faces polies.

  • 6 à 8 M/M dimensions maximum: 3180 x 165 M/M
  • 11 à 13 M/M : 3390 x 2040 M/M
  • 17 à 19 M/M : 3000 x 2100 M/M

A noter les différences d’épaisseurs  de 3 M/M entre les deux versions, qui s’expliquent très probablement par le doucissage mécanique à froid de la face non poli après fabrication.

 

Teintes de productions:

Marmorite : Blanc, noir (verre noir), vert Céladon, crème, bleue azur.

Opaline : Rouge, rouge griotte, mauve, verte.

 

A noter que pour des fabrications au-delà de 150 M2 d’autres teintes pouvaient être fabriquées sur demande.

La Marbrite Fauquez

 

Marbrite Fauquez revêtement

Marbrite Fauquez art-déco

Une marmorite pas comme les autres

 

Des trois produit présentés, la marbrite Fauquez est  le plus créatif et le plus célèbre par son originalité et son utilisation pendant la période Art-Déco. Voici ce qu’écrit Saint-Gobain dans son catalogue commercial de l’époque.

 

“La Marbrite Fauquez fabriquée par les les Compagnies Réunies des Glaces et Verres Spéciaux du Nord de la France dans leur usine de La Longueville (Nord), est un produit opaque, vitrifié dans la masse et qui se présente en grandes plaques lisses sur une face et striées sur l’autre”

” La Marbrite Fauquez doit à la liaison parfaitement homogène de ses éléments constitutifs et à la complète vitrification de ces éléments de pouvoir se découper et se façonner comme le verre…”

” Elle peut également être gravée par jet de sable et recevoir des formes convexes ou concaves par bombage…”

 

La marbrite vient de Belgique

 

En réalité la Marbrite Fauquez, était originaire du village de Fauquez en Belgique puis fabriquée ou commercialisée par accords entre Saint-Gobain et la société anonyme des Verreries de Fauquez créatrice de cette marmorite bien particulière.

A l’origine de cette production on trouve le verrier Arthur Brancart (1870 – 1934) qui lance d’abord la production de marmorites à Fauquez en 1906. A partir de 1913, après avoir fait beaucoup de recherches, il commence à fabriquer des gammes de couleur bien plus étendues que pour la marmorite, avec des effets d’opalescence et de mélange de couleur, grâce à l’addition d’oxydes métalliques, la Marbrite était né.

 

Ce n’est qu’après la première guerre mondiale que la Marbrite Fauquez prendra son essor. La Société anonyme des verreries de Fauquez tissa tout un réseau commercial de “Marbritier” revendeurs, façonneurs et poseurs de ce matériaux, spécialement formés par la société. Un grand hall d’exposition situé à Bruxelle fut installé pour présenter toutes les applications décoratives de la Marbrite.

 

Comme pour la marmorite ou le verre opaline, la marbrite Fauquez, fut très utilisée dans la réalisation de salle de bain, agencement de Magasin, revêtements muraux en intérieur ou extérieur et mobiliers dans le style Art-déco des années 30. Par la suite copiée au royaume uni, la marbrite Fauquez cessera d’être fabriquée en 1964, quant aux verreries de Fauquez , elles fermeront définitivement en 1979

verrerie de Fauquez

Usine de Marbrite à Fauquez (Belgique)

Marbrite Verte

Marbrite Fauquez couleur vert marbré

Marbrite sous face

Sous face striée caractéristique de la marbrite

Les couleurs vers 1930 :

Blanc, Noir, Crème uni, Crème marbré, Mauve uni, Mauve marbré, Gris perle, Gris marbré, Bleu ciel, Bleu marbré, Saumon uni, Saumon marbré, Vert d’eau uni, Vert marbré, Vert Irlandais, Vert bleuté, Brun, Bleu outremer, Bleu pastel, Rouge corail, Tango, Jaune, Bleu pervenche, Rose chair, Gris moyen, Gris foncé, Vert de mer, Sanguine, Acajou.

 

Dimensions et épaisseurs de la Marbrite Fauquez.

On la trouve d’abord de 6 à 7 M/M  en dimensions  3000 x 1000 M/M

En épaisseur de 12 M/M dimensions  2500 x 1000 M/M

Epaisseur de 18 à 20 M/M  dimensions 2500 x  800 M/M

Liens et Sources

 

Le verrier Arthur Brancart :

 

Verrerie de Fauquez :

 

La chapelle de verre : https://www.chapelledeverre.be/

 

Marbrite Fauquez :

  • http://www.hms.civil.uminho.pt/sahc/2012/1106.pdf

 

Vidéo : https://www.rtbf.be/tv/emission/detail_les-ambassadeurs/actualites/article_la-production-de-marbrite?id=10116131&emissionId=8802

 

Autres sources 

 

Remerciements particulier à Mr Van Lierde pour son don de documents et vitrages anciens.

Les photos des marbrites et marmorites sont celles des exemplaires conservés à l’atelier du verre Mousseline.

Les photos du verre noir et de l’échantillon rouge griotte étiqueté “usine de Cirey” viennent de Mr Diverchy du centre de mémoire de la verrerie d’en Haut à Aniche.

Remerciements au Forum Genverre pour les recherches sur le mot “Marmorite”.

Remerciements à l’association Symbiose arts et patrimoine a Cirey pour les photographies des débris de Marmorite.

Marches d’escaliers en verre 1910

Pour commencer,  l’utilisation des marches d’escaliers en verre se faisait grâce à des dalles de verres coulées sur sable ou polies. Il faut noter, que ces dalles de verre  pouvaient mesurer jusqu’à 32 M/M d’épaisseur. En fait elles étaient surtout fabriquées sur le site du Boussois par St-Gobain au moins jusque dans les années 70.

Depuis lors, la technologie a évolué, on ne coule plus de dalles pour marches d’escalier en verre. La coulée continue des début a été remplacée par la technologie “Float” inventée par Pilkington au début des années 50. Aujourd’hui, associée à d’autres évolutions comme le trempage à plat ou l’assemblage de vitrages entre eux par collage et verres feuilletés, les marches d’escaliers en verre sont devenues peu à peu bien plus courantes.

 

Une utilisation confidentielle

Tout d’abord utilisées de manière confidentielle, il aura quand même fallu attendre plusieurs dizaines d’années pour que l’utilisation du verre en marches d’escaliers se démocratise dans le grand public, notamment grâce à l’utilisation de ce matériau en architecture d’intérieure dans des magasins bien connus, et autres lieux publics contemporains.

dalle coulee

Dalle de verre coulée Saint-Gobain (1970)

Marches d’escaliers en verre

Marches d’escaliers en verre feuilleté (2014)

Une idée Ancienne

 

Cela dit, contrairement à ce que l’on pourrait croire et bien, l’utilisation de marches d’escaliers en verre ne date pas d’aujourd’hui, c’est même plutôt ancien à vrai dire, dès 1910…

Voici un texte, et des illustrations tirées d’une rare brochure publicitaire d’époque rédigée par les établissements J. Scory, miroitier parisien grossiste en produits verriers de l’époque. Les références à de grandes verreries comme Recquignies ou Jeumont et les technologies de fabrication du verre qui y sont décrites situent la publication vers 1910, peut-être même avant.

J-Scory 1910

Le verre sa fabrication

Verre a vitre Paris 1910

Verre a vitre J-Scory 1910

Marches & Contre-Marches de verre armé treillagé 

Brevetées pour escaliers translucides.

 Marches en Verre armé. Comme les Dalles Armées, dont il vient d’être question (NDL : page précédente de la Brochure), les Marches en Verre sont armées, soit de grillage métallique, soit de treillage en métal déployé, noyé dans le milieu de la masse du verre.

 

Marches d'escaliers en verre treillagé

 

Elles ont une épaisseur moyenne courante de 30 M/M avec une latitude de 1 ou 2 M/M en plus ou en moins. Ces pièces peuvent comporter sur le bord de la face supérieure une série de cabochons métalliques creux. De forme tronconique ils sont disposés en quinconces dans la masse, de laquelle ils émergent de 1 M/M.  Ces cabochons servent à recevoir une matière quelconque : plomb, asphalte, ciment, etc, susceptible de retenir le pied et d’empêcher le glissement. 

NDL : En langage d’aujourd’hui, il s’agit de nez de marche antidérapant. Actuellement encore, c’est un problème récurrent lors de la conception de marches d’escaliers en verre.

 

plan d'escalier en verre 1910

 

Avantages des Marches d’Escaliers en Verre Armé.

 

Les escaliers de Verre Armé sont clairs, hygiéniques, solides et ne sont pas glissants.

 

De plus, ils sont absolument incombustibles et de nombreuses expériences ont montré que de tels escaliers résistent seuls à l’action du feu (NDL : normes de l’époque…). Légers d’aspect, ils donnent aux constructions, outre la lumière, un grand caractère de propreté et d’élégance.  Ne se tachant pas, ils sont d’un nettoyage facile et, grâce à leur grande translucidité, ils permettent, de jour et de nuit, d’avoir en tous points un bon éclairage.

 

Emploi des Marches et Contre-Marches en Verre Armé

 

L’emploi des Marches et Contre-Marches brevetées, pour la construction des escaliers, à pris depuis quelques années (NDL : nous sommes vers 1910) un très grand développement.

Des applications ont été faites dans toutes les grandes villes de France et de l’Etranger: 

  •  Société Lyonnaise des Dépôts et Comptes Courants à Lyon. 
  • Siège Social de la Banque Suisse et Française à Paris. Escalier sur 6 étages.
Dalle de verre armé 1910

Société Lyonnaise Lyon vers 1910.

Escalier en verre arme

Banque Suisse et Française Paris vers 1910

La figure ci-dessous représente une autre application faite à Lyon, au siège social du Crédit Lyonnais à Paris.

Escalier 1910

Grand Escalier en verre du Crédit Lyonnais Paris vers 1910

Il est à remarquer que même faiblement éclairés par en dessous, les escaliers de Verre armé, dont les marches et contre-marches sont dépolies sur la surface intérieure, acquièrent une luminosité facilitant beaucoup la pose du pied. De plus, c’est du plus bel effet décoratif.

 

Liens et Sources

  • Document : ” Le verre et sa Fabrication”  Brochure éditée par les établissement J-Scory vers 1910. Imprimerie Sarger
  • Photo dalle de verre : Vitrages originaux collectés par l’atelier du verre Mousseline.
  • Photo Marches d’escaliers en verre feuilleté. Verre et Sable Magasin Gaillard Montpellier 2014.