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Miroiterie ROBCIS – GRAMONT

Cette miroiterie importante anciennement située au 75 Rue du Faubourg Saint-Antoine à Paris, a été fondée en 1805 par un certain M. SUTTIN. Cette maison à ensuite traversée le temps au fil de ses repreneurs, successeurs jusque dans les années 30.

 

Dans un ordre chronologique incertain se sont succédé à sa tête :

 

  • SUTTIN
  • ROUCHONNAT
  • GUIBILLON
  • Gustave ROBCIS
  • DUBOSSON
  • GRAMONT – MOREAU
  • PONGOR
Grande miroiterie ROBCIS Paris 1883

Miroiterie ROBCIS Faubourg St-Antoine PARIS 1883

Gustave ROBCIS FABRIQUE DE MIROITERIE

L’article ci dessous nous en dit un peu plus sur cette miroiterie.  Il s’agit d’un texte publicitaire tiré du journal “L’ILLUSTRATION” paru en Mars 1883. Le texte est quasi littéral et a juste adapté pour la parution sur le web.

 

Une Maison Fondée en 1805

La Maison de Miroiterie dont nous nous occupons a été fondée en 1805 par M. SUTTIN. M GUSTAVE ROBCIS, notable commerçant, en est le propriétaire actuel.

Tout d’abord, la fabrication de cette maison était limitée aux verres à vitres, quoique cette dernière offrît fort peu de différence avec celle des verres à glace. G ROBCIS, décidé à donner à la Miroiterie une véritable impulsion, afin de satisfaire aux exigences du goût moderne (1883). Pour cela il fit installer l’importante succursale, dont l’adresse est indiquée plus haut. (75 Rue du Faubourg St-Antoine à Paris)

Grâce à cette décision, M. ROBCIS a obtenu la récompense de ses efforts. Ses merveilleuses créations ont été justement remarquées par le jury et le public, lors de l’exposition des Arts décoratifs, au palais de l’Industrie. Ce n’est cependant pas sur les moyens employés à la fabrication des glaces que nous voulons attirer l’attention de nos lecteurs, mais bien sur celle de l’encadrement.

 

De Grandes Glaces

En effet quel que soit son degré de perfection, ce n’est qu’à l’aide de celui-ci qu’une glace arrive à produire l’effet désiré.

A l’origine, les plus grands miroirs n’avaient que des dimensions restreintes. Ainsi était-il possible de laisser aux cadres les proportions qui permettaient à l’artiste de fouiller en plein bois ou de ciseler dans le métal.

Mais aujourd’hui, en présence de la grandeur des glaces, il a fallu renoncer à ce genre d’ornementation devenu trop coûteuse. G ROBCIS a voulu réagir et tenant compte de la question économique, revenir à ce qui se faisait autrefois. Aussi Il a remplacé le bois et le métal par un moulage spécial en carton-pâte et des procédés de moulages et de peintures perfectionnées. Il est arrivée à obtenir de cette matière des effets de décoration vraiment surprenants. Le tout en conservant le ton des divers bois ou le reflet des divers métaux.

Verre de Fantaisie Mousseline

Un catalogue de 1898

Ce catalogue en très bon état de conservation est daté manuscrit de 1898 et provient de la miroiterie Robcis. Il porte le tempon de Gramont – Moreau, alors repreneurs de la maison ROBCIS. En fait les miroitiers ne sont pas des fabricants de verres mousselines, il s’agit donc plutôt de vente au détail. On y retrouve assez largement les fabrications de l’atelier Lémal et Raquet successeur du peintre verrier Gugnon Fils Rue du Faubourg St-Denis à Paris. Notamment les verres mousseline Tulles ansi que des demi-tons. Mais il y a certainement aussi d’autres fournisseurs verriers industriels de l’époque.

G. ROBCIS verres de Fantaisie Mousseline

verre mousseline Robcis

verre mousseline ROBCIS-1898

verre mousseline ROBCIS-1898

verre mousseline ROBCIS-1898

verres mousselines ROBCIS-1898

verres mousselines Gramont-Robcis 1898

Catalogue verres mousselines Gramont-Robcis 1898

Catalogue mousselines Gramont-Robcis 1898

Catalogue mousselines Gramont-Robcis 1898

Miroitier Grammont-Robcis 1898

Catalogue Miroiterie Robcis 1898 Paris

Catalogue Miroitier verre mousseline

Vitres décoratives Mousseline

Tarif verre mousseline Gramont 1898

Modeles verre mousseline 1898

Modele de motifs mousseline 1898

Sources et Crédits

Document original :  “Verres de Fantaisie Mousseline – Cannelé” Gustave ROBCIS Paris 1898.

Document conservé et numérisé par l’atelier du verre mousseline Février 2022.

Tarif de miroiterie Lille 1895 ( mise à Jour)

Tarif de miroiterie

Tarif de miroiterie en 1895

Bien qu’en très mauvais état, cet ancien tarif de miroiterie nous renseigne sur les différents types, conditionnements et prix des verres à vitres courants commercialisés en 1895.

 

 

A/ Tarif de miroiterie

Gravure sur verre Leleu Fils

Tout d’abord cet ancien tarif de miroiterie a été édité par l’atelier de gravure sur verre, vitraux et vitrerie Leleu installée en 1880 au 157 boulevard de la Liberté à LILLE. L’atelier de gravure sur verre à l’acide LELEU-FILS a été installé en 1884 au 19 Rue sans pavé aussi à LILLE. Cette entreprise était également un dépôt des verreries DELILLE et Cie D’ANICHE au 114 Boulevard de la liberté toujours à LILLE en 1887.

 

D’après un entête d’un document de 1887 cette entreprise commercialisait des :

Verres à vitres, Mousseline, cannelés, Dépolis, bombés… Mais aussi des verres de Couleurs, Unis coulés, givrés. Des rosaces, des cives des cabochons et bien d’autres produits verriers de l’époque.

 

 

B/ Tableau de Verre simple.

Le Verre dit « simple » est d’environ 1 Millimètre d’épaisseur. Le terme « Fausses mesures » peut désigner des mesures soit non contrôlées soit non normalisées. De plus la signification exacte des colonnes de nombres est pour le moment indéfinie.

 

 

C/ Des Conditionnements curieux.

Ces deux tableaux présentent ensuite, un ensemble de conditionnement de vitrages anciens vendus en caisses correspondant très probablement à des dimensions normalisées locales* de l’époque.

Ligne du haut : 3ème Choix, 3ème Choix ½ Double (environ 1.5 M/M d’épaisseur), 3ème Choix 3M/M ou verre triple (environ 3 M/M d’épaisseur)

A noter que les prix sont en Francs et vont de 1,50 à 10 Francs suivant dimensions et épaisseurs. Le tarif est à la feuille de verre.

 

Les Mesures:

DOUAISIENNES (Douai), GRANDES LILLOISES, VALENCIENNES, LILLOISES FORCEES, FLAMANDES, BOULONNAISES (Sans doute Boulogne sur Mer), CALAISIENNES (Calais), LYONNAISES, ALSACIENNES, DUNKERQUOISE, PICARDES, DOUBLES MANCHONS** (Grande longueurs et largeurs), ROUBAISIENNES (Roubaix), DOUBLES MANCHONS** LILLOIS, WALLONNES, LORRAINES, DOUBLES MANCHONS** LILLOISES FORCEES, TOURQUENNAISES (Tourcoing), ARTESIENNES, MAXIMUS (Très grandes dimensions 1590 x 1110 M/M…).

EXTRA : Mesures Belges. 6 Francs le mètre carré.

*NDL : L’origine de cette pratique reste à découvrir…

** Le terme « Manchon » désigne une taille de cylindre de verre soufflé Bouche qui une fois coupé et étendu devenait du verre à vitre plat.

Voir aussi : Penchot Conditionnement des Vitrages

 

D/ Les verres décoratifs

Ensuite vient Les tarifs des vitrages anciens en Mesures courantes Cannelés et Mousselines.

On les trouve en MESURES COURANTES ET MESURES LILLOISES. Les prix variaient entre 0.85 et 2.30 Francs suivant les épaisseurs, Simple (1M/M) ½ Double (1.5 M/M) et Double (2 M/M)

Plusieurs Choix et dénominations sont Lisibles.

3ème et 4ème Choix,

Verre dépoli,

Verre Cannelé

Mousseline

Bandes Mousselines

Mousseline Mat

Mousseline Tulle

 

En dessous divers accessoires sont à la vente, étain et plomb pour le vitrail, pointes de vitriers, Cloche à boutons…

 

 

E/ AUTRES vitrages industriels

Dans cette partie du tarif de miroiterie ce sont d’autres vitrages anciens industriels qui sont proposés. Les épaisseurs sont de 1.5 et 2 M/M environ.

De Haut en Bas :

  • PANNES ordinaires en verre (Sorte de tuile transparente) au prix de 0.35 ou 0.45 Francs Pièce.
  • DALLES en Verre coulée vendue 0.40 Francs le kilo.
  • VERRES Cavé et losangé. A 4.10 Francs le Mètre carré.
  • VERRES imprimés à 7.50 Francs /M2
  • Perforés (Vitrages anciens inconnu) à 15 Francs /M2
  • VERRES imprimés en couleur à 10 Francs Le Mètre Carré.

NDL : Il est important de noter que les vitrages imprimés de cette époque étaient vendus bien plus cher que les verres à vitres mousselines.

 

 

F/ Les verres de Couleurs

  • Vert, Rouge, Bleu, Jaune, Violet de 2,50 à 3 Francs La feuille.
  • Coulé Blanc ou teinté (Verres plus épais Clair ou couleurs) 5 à 6 Francs le Mètre carré.
  • Rouge Granuleux à 9 Francs le Mètre carré.

 

 

G/ Les Rosaces.

Les rosaces sont des petits carreaux se logeant dans des angles ajourés de portes anciennes vitrées. Il y en avait aussi de plusieurs sortes. Les dimensions de ventes vont de 120 x 120 M/M à 240 x 250 M/M

Les prix variaient de 0.20 à 2 Francs pièces suivant la dimension et le type :

 

 

H/ Tarif de miroiterie et Glaces Etamées

Il s’agit surtout d’argenture à Façon ou de miroir au détail.  En fait Le Terme Glace Etamée désigne une argenture à base d’étain et de nitrate d’argent. Néanmoins l’argenture Etain / Mercure était déjà officiellement interdite depuis 1850. Mais cette pratique a quand même perduré très longtemps dans les ateliers de Miroiteries.

En dessous des Tablettes en glace argentée et des plaques de propretés (Petit verre biseauté et percés pour les poignées de portes et signalétique) sont proposées à la vente.

Sources :  Tarif de miroiterie LELEU & Fils Décembre 1895.

Autres sources : Centre de Mémoire de la verrerie d’en Haut à Aniche.

Remerciements à Mr Van Lierde.

 

Vous pouvez télécharger le document original (30 Mo Jpeg 300 dpi) en vous inscrivant sur l’espace VIP du site.

Vitraux Lémal et Raquet 1900 (3/6)

Troisième article sur d’anciens ateliers de fabrications de vitraux  et décorations sur glaces et verres entre 1895 et 1930 sur Paris et le Nord de la France. C’est le résultat d’un lent travail de documentation, aussi merci d’en respecter les droits d’auteurs. Les sources sont citées en bas de page.

Lemal-raquet-peintres-verriers

Entête de l’atelier des peintres verriers Lémal-Raquet Paris vers 1907

LEMAL et RAQUET ou LEMAL, RAQUET et Cie

Verres à vitres, glaces, unies ou décorées, Vitraux d’appartements ou d’églises.

Une Lettre commerciale d’avant 1907.

Tout d’abord une retranscription d’une lettre commerciale, accompagnant plusieurs planches de décors de vitraux d’églises,  plafonds, verrières en émaux colorés.

 

Il existe encore actuellement bien des églises ou des chapelles ne possédant pas de vitraux, ou dont les ouvertures sont simplement garnies de mise en plomb incolore, bien que le vitrail soit le complément nécessaire de tout édifice religieux.

 

Cela tient à deux causes principales :

D’abord à une erreur presque générale qui veut que les secrets de la peinture  aient été perdus, et ensuite, et plus souvent encore à la crainte d’une dépense exagérée.

Or, non seulement la palette du peintre verrier moderne possède tous les tons anciennement employés, mais elle a de plus toutes les nuances nouvelles que les progrès de la fabrication du verre lui ont apportées.

Cette planche (NDL : voir Ci-dessous) présente quelques dessins de verrières qui peuvent être établies dans les meilleurs conditions de prix et d’exécution, soit qu’il s’agisse de personnages ou de médaillons légendaires, soit également qu’on veuille employer de fines grisailles colorées.

A toute demande nous répondons par des maquettes manuscrites accompagnées de devis. ”

Lettre de Lémal et Raquet 1900

Lettre commerciale de l’atelier  Lémal, Raquet vers 1900

Vitraux Lémal et Raquet 1900

Vitraux d’églises Lémal et Raquet vers 1900

Nouvelle decoration sur verre

Nouvelle décoration sur verre 1900

ancien modèle de vitraux 1900

Dessins de décors en émaux colorés

Modèle de vitraux en plafond

Modèle de verrières et plafonds.

L’atelier Lémal et Raquet

Avec Lémal et Raquet renommé Prost & Cie à partir de 1907, nous entrons dans les ateliers de tailles importantes. Surtout dans les fabrications de vitraux mis au plomb mais aussi de vitrages décoratifs. En effet en 1878, Lémal et Raquet sont les repreneurs de la maison Gugnon et Fils. Fondée en 1855 l’atelier Gugnon et Fils était spécialistes des verres mousselines et de décorations à chaud ou à froid sur verres et vitraux.  Louis Napoléon Gugnon à amenés ses fabrications au stade quasi industriel, en déposant plusieurs brevets, notamment sur des fours de cuissons.

D’une superficie de 1200 mètres carrés, l’atelier Lémal et Raquet se situait au 130 Boulevard du Faubourg Saint Denis à Paris. Donc au même emplacement que l’atelier Gugnon. Il employait une cinquantaine d’ouvriers en 1907. Plusieurs procédés de fabrications étaient mécanisés et brevetés S.G.D.G par le directeur d’alors : Mr Prost. A signaler, un four de 24 mètres dédié à la cuisson et vitrification des émaux. Cet atelier verrier était unique en son genre à Paris.

Devanture d'ancien magasin

Devanture de magasin 1900

Ancienne vitrine de magasin

Vitrines de magasins Paris 1900

Aciens vitrages de café

Modèle de Vitrages anciens

Anciens vitrage gravés

Vitrage de portes anciennes

Modèle de gravure sur verre

Modèles de vitrages à l’acide

Nouvelle décoration sur Verre

verre imprime chenille 7 clair NON REPRODUISIBLE

Verre chenillé clair N-7

En 1900, les verres imprimés coulés par Saint Gobain à Chauny et Cirey étaient très novateurs en termes d’esthétique en style “Art-Nouveau“. Le verre mousseline commençait déjà son déclin du moins à Paris. En fait La mode de l’époque vers 1907 était plutôt orientée vers de plus grandes pièces avec émaux de couleurs. Ces vitrages étaient soit peints par empreintes lithographiques soit gravées sur verres émaillés plaqués (Verres diamantés). A noter qu’en plus d’être grossiste en produits verriers de l’époque cet atelier produisait énormément de vitraux ainsi que des vitrages décoratifs gravés par acide. Il commercialisait sa production via des catalogues publicitaires partout en France et à l’étranger.

 

Médailles  d’Or et D’argent

Cotés consécrations, Lémal et Raquet obtint la médaille d’argent à l’exposition universelle de 1878, mais aussi une médaille d’or à l’exposition universelle de 1889 ainsi qu’une mise hors concours pour son procédé de “Nouvelle décoration sur verre moiré*” à l’exposition universelle de 1900.

*Verre imprimé ou chenillé Jeumont ou Chauny et Cirey.

Peinture sur verre moiré

Publicité Lémal. Raquet et Prost

Modèle de vitrage art nouveau

Nouvelle décoration sur verre Moiré.

Modèle de peinture sur verre

Détail du papier Gaufré façon verre imprimé chenillé.

Sources.  D’abord des planches publicitaires originales de l’atelier Lemal, Raquet 1878, 1900, 1907 numérisées par l’auteur à partir des archives de l’atelier de gravure sur verre et Glace LELEU  Lille 1890-1912.

Ensuite un article de l’illustré “Le panthéon de l’industrie” de 1910 : Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Crédit Photo :  Christian Fournié © 2018

 

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