. verre imprimé Archives – Atelier du verre mousseline
 

Verres Mousselines Chronologie

Chronologie provisoire 1834 – 1941 (Maj-02/2023)

Les verres mousselines ces mots ne vous disent très probablement rien. Et pourtant vous en avez certainement déjà vu dans les portes anciennes ou les buffets de vos grands parents. En fait ces vitrages ont été fabriqués longtemps, entre 1834 et au moins jusqu’en 1941.  Ainsi ces verres à vitres décorés par des motifs imprimés en dentelles fines étaient très courants à cette époque. Pour une raison simple, c’était le seul moyen élégant de se cacher des regards indiscrets, sans perdre de lumière. A partir de 1880, ils ont même été produit en quantités industrielles. Par conséquent cela explique leurs présences dans nombres de portes et fenêtres d’anciennes demeures.

 

A retenir :

Les verres mousselines sont les premiers vitrages décoratifs industrialisés. Il sont été décorés par de nombreux de motifs différents suivant les modes et les styles des époques qu’ils ont traversés partout en Europe.

porte verres mousselines

Porte ancienne en verres mousselines

Une Chonologie en 4 parties

  • 1/ D’abord :  L’invention.
  • 2/ Ensuite :  Les fabricants.
  • 3/ Puis : Le déclin.
  • 4/ Enfin : Le mousselinage

1/ 1834  L’invention

En 1834 le terme « Verres Mousselines » est cité dans un rapport du Jury central de l’Industrie Française sur les Arts Chimiques. A ce titre ils ont décerné une médaille d’argent à un certain Georges Bontemps  (1799 – 1883) dirigeant la verrerie / cristallerie de Choisy le roi près de Paris.

A noter que Mr Bontemps Maître de verrerie à Choisy le roi est aussi à l’origine du renouveau des verres de couleurs en France. Il a écris un guide du verrier publié en 1868.

 

Du tulle Brodé

Les premiers verres mousselines ont été fabriqués à partir de dentelles véritables à travers lesquelles était saupoudré de l’émail.  Le décor était ensuite fixé par cuisson dans un four.

1841 Un Brevet

A Lyon, le peintre verrier Dumas et le chimiste Godard inventent un procédé de vitrification dans le but d’imiter la mousseline brodée. Ils déposent un brevet en 1841.

Brevet Dumas et godard 1842

Dumas et Godard brevet d’invention

Le Procédé par Dumas et Godard.

Le Brevet Dumas et Godard décrit le procédé de fabrication suivant :  Il en fait s’agit de la réalisation d’un décor par enlèvement de matière à base d’émail vitrifiable à l’aide d’une brosse et d’un pochoir en carton ou métal ajouré à l’aide d’un emporte pièce. La vidéo ci dessous tournée en 2016 reconstitue entièrement la méthode.

A noter que cette recette d’émail en poudre existe toujours et porte toujours le nom de grisaille mousseline.

1843 Un Catalogue

En 1843 la société Laurent & Cie Peintres verriers à Paris rue de Neuve de Ménilmontant propose les premiers modèles de verres mousselines fabriqués à la demande.

 

A retenir :

A la même époque, il y a des relations entre l’atelier Laurent et Cie et La verrerie de Choisy le Roi… On retrouve donc à nouveau Mr Georges Bontemps qui quitte définitivement la France en 1848 pour rejoindre les frères Chance verriers à Birmingham en Angleterre.

verres mousselines Paris-1843

verres mousselines laurent-et-cie-Paris-1843

Fabricants de Verres mousselines

2 Familles venues de l’Est

Deux famille de verrier de l’Est de la France semblent avoir joué un rôle clé dans l’histoire et l’industrialisation des verres mousselines. Il s’agit de la Famille du peintre verrier Gugnon, et de la Famille Picard.

1860 Gugnon Paris

En 1834 Louis Napoléon Gugnon est alors Maître peintre verrier Installé à Metz avec son beau-frère Laurent Charles Maréchal.

Louis Napoléon Gugnon installe un atelier à Paris en 1864 au 130 Rue du Faubourg St-Denis. Il est l’auteur de nombreux brevets sur le vitrage décoratif et le vitrail photographique avec le chimiste Cyprien Tessier du Motay. On lui doit une vision plus industrielle dans les fabrications des verres mousselines et des vitraux de l’époque.

Il décède en 1872 à Paris.

 

Une invention.

Louis Napoléon Gugnon perfectionna avec Joseph Aubriot, son Beau fils, un four de cuisson spécifique pour la cuisson des verres mousselines émaillés. Mr Aubriot perfectionne aussi un procédé de dépose d’émail blanc et couleur, sur tulle mousseline tendue avec sa  boîte a Poussière…

boite a poussière Aubriot

La boîte à poussière de Mr Aubriot

Modeles de verre mousseline

Dessins de verre Mousseline Tulle

1864 Gugnon. Fils

Né en 1835 Auguste Raphael Gugnon prend la succession de son père en 1864 sous le Nom de Gugnon. Fils verres à vitres toujours au 130 Rue du Faubourg St-Denis à Paris. L’atelier est prolifique et est à l’origine de la mode des verres mousselines à Paris.

 

Fermeture

L’atelier fermera pour mauvaise gestion en 1876. A partir de cette date, la trace de la famille Gugnon se perd. L’atelier sera ensuite repris par les peintres verriers Lémal, Raquet en 1878 puis par le verrier Prost jusque dans les années 30.

Atelier Gugnon Fils Paris

Atelier Gugnon Fils Paris 1870 – 1878

1872 La Verrerie de L'Est

En 1872 Auguste Raphaël Gugnon fonde la verrerie de L’Est à LunévilleMais ce sera de courte durée… trop grande très coûteuse, cette verrerie fera faillite quelques années plus tard avant d’être reprise. 

A noter que pour le moment il n’y a pas de verres mousselines attesté dans les fabrications de cette verrerie à vitres.

verrerie de l'est Luneville

Entête de la verrerie de l’Est.

1872 Picard

Toujours en 1872 A 4 Km de la verrerie de l’Est de Lunéville entre en scène la famille Picard avec les frères Picard. Originaire de Suisse, mais venue d’Alsace via Sarrebourg , cette famille s’installe à Lunéville au bord de la Vézouze dans un ancien Moulin pour fabriquer des verres de Montres.

 

Transmission ?

Y a t-il eu transmission de savoir-faire entre la famille Gugnon et la famille Picard… C’est très possible mais pas prouvé…

Quoiqu’il en soit en 1870 l’Allemagne annexe l’Alsace et la Lorraine.  A partir de ce moment, il y a eu une très forte concentration de savoirs faires Verriers  dans cette petite ville de l’est de la France et alentours.

C’est un Fait, et les frères Picard en ont manifestement hérité d’une manière ou d’une autre. Puisqu’en plus de leurs fabrications de verres de montres, ils commencent à fabriquer des verres gravés très semblables aux verres mousselines : « Les verres diamantés Picard »

fabrique de verre de montre Luneville

Moulin Desaleme Lunéville

Picard Frères Lunéville

Entête Picard Frères Lunéville

1888 Le verre diamanté

A partir de 1888, la société Picard & Cie a un premier atelier à Paris Rue des Meuniers. On la retrouve aussi Quai Jemmapes toujours à Paris, ou elle propose des verres mousselines émaillés mais aussi gravés.

On peut lire ainsi sur les Annuaires de l’époque : « Le verre diamanté, un brevet de gravures sur verres et glaces, spécialité d’installations mousselines et de couleurs gravés par un nouveau procédé »

 

De quoi s’agit-il ?

En fait il s’agit d’un procédé d’impression de pochoirs par clichés photographiques, puis gravures par acide fluorhydrique sur verres couleurs ou clairs. A noter que l’on retrouve là le savoir-faire en matière de production chimique photosensible déjà connu par la famille Gugnon.

Au stade actuel des découvertes, le terme “Verre diamanté” semble propre à la société Picard & Cie.

verre diamante couleur Picard

Verres a vitres Picard & Cie

1895 Picard & Cie

Vers 1895, la société Picard & Cie installe une usine à Paris au 111 et 113 Rue de Reuilly.

Sont fabriqués à cette adresse, des vitraux, de l’opale coulée, des enseignes sur Marmorite (verre noir), des verres mousselines et diamantés, des cabochons gravés à la roue, et des vitrages gravés à l’acide.

Picard et Cie 1900

Entête Picard & Cie Paris 1900

1895 CH. G Picard

Vers 1903 Charles Gaston Picard fils entre en scène. Picard & Cie devient alors CH-G-Picard. Né en 1856 à la Chaux de Fond en Suisse, il a fait son apprentissage dans l’entreprise familiale à Lunéville. Après 1919, l’atelier s’installe Rue Pascal à Paris. Charles Gaston Picard décédera avant 1941. La trace est ensuite perdue, la famille Picard était d’origine Juive…

Entête CH.G Picard

Entête CH.G Picard verres mousselines 1913

LE DECLIN

A Paris à partir de 1890 la mode des verres mousselines décline. Elle est remplacée par celle des vitrages plus grands gravés à l’acide et des nouveaux verres imprimés.  Le style Art-Nouveau fait sont entrée et s’impose dans les ateliers Parisiens. Mais pas en province ou la production des verres mousselines s’industrialise…

1892 Les Frères Chances

En 1890 on retrouve les Frères Chance cités plus haut. Mr W-E Chance Maître de verrerie à Birmingham (UK) dépose un brevet de coulée à plat permettant d’imprimer des décors en reliefs sur la surface d’un vitrageSt-Gobain obtiendra l’exclusivité de ce procédé pour la France.

Ces vitrages aux motifs Art-Nouveau seront produit entre autre aux Glaceries de Chauny et Cirey par St-Gobain après 1892.

Plus grands plus épais et plus solides, Ils remplacèrent peu à peu les verres mousselines…

Vitrage imprimé

Verre imprimé Breveté 1897

1880 - 1898 L'industrie

Après 1880, plusieurs verreries de fabrications de verres plats industriels en France, Belgique, Suède et Allemagne (soufflage de canons à la bouche) se mettent à fabriquer du verre mousseline.

 

A noter que :

D’abord, le mode de diffusion est inconnu. Néanmoins, les ouvriers verriers très demandés voyageaient souvent d’une verrerie à l’autre pendant les périodes de « Four Mort » (réfection et nettoyage du four). Ils ne sont sans doutes pas étrangers à la diffusion de ces fabrications…

Ensuite, on retrouve à cette époque les mêmes catalogues de modèles issues essentiellement des fabrications de l’atelier Gugnon. Mais de nombreuses variantes existent un peu partout en Europe. Comme à Penchot en France et jusqu’en Suède.

verres mousselines de Penchot

Modèles de verres mousselines industrialisés.

1898 Joseph Lapeyre

En 1898 le Maître de Verrerie Joseph Lapeyre en provenance d’Aniche dans le Nord rachète la verrerie de Penchot, fondée en 1842 près de Decazeville (Aveyron). Il possédait alors 3 verreries à vitres :  Rive de Gier, Bessèges dans le Gard et la verrerie d’en bas à Aniche. A l’exception d’Aniche ou ce n’est pas attesté, toutes ses autres verreries ont fabriquées des verres mousselines.

 

Une grande verrerie.

La verrerie de Boisse – Penchot est importante et aura jusqu’à 296 Employés. Ses atouts majeurs sont sa propre concession minière de charbon et la qualification de ses ouvriers. l’usine possédait aussi de nombreux logements qu’elle tenait à la disposition de son personnel. la verrerie de Penchot, abandonnera le soufflage du verre a vitre en 1925 et les verres mousselines au profit du procédé Fourcault.

verrerie de Boisse Penchot

la verrerie. de Boisse-Penchot (aveyron),

1900 Le mousselinage

En 1899 Revient un terme déjà present en 1841, le « mousselinage » : Il s’agit en fait de fabrication de décors de verres mousselines sur grands vitrages soit par acides, soit par jet de sable. En 1910 il existait déjà à l’époque des sableuses conçues dans ce but. Les pochoirs sont similaires aux procédé picard. Ce seront les derniers verres mousselines produits jusqu’en 1941 ….

Machine a sabler le verre

Machine a mousseliner le verre.

verre mousselinage

Verre d’époque mousseliné par sablage

LES SOURCES

DOCUMENTATIONS

 

OUVRAGES & REVUES

  • L’ouvrage “Précis de miroiterie et de vitrerie” / Lasnier, Lucien Edition PPC Paris 1947.
  • Et les Revues de Saint-Gobain “Glaces et verres” .

 

ASSOCIATIONS

 

ORGANISMES

  • Le centre d’archives sur le verre de Saint Gobain à Blois fil twitter ici :  @saintgobainarc
  • Le Corning museum of Glass, merci pour l’aimable autorisation de publication.
  • Ou encore le Metropolitan Museum of Art de New-York.

 

Liens WEB

  • Ian Macky avec son site web org regroupant beaucoup de documentations et de sources
  • Et  le blog de Sash Window en Grande Bretagne.

 

CREDITS

  • Remerciement à Serge pour ses recherches préçises sur la Famille Picard a Lunéville.
  • Merci a l’école du verre de Paris Lycée Lucas de Nehou pour leurs photos de vitrages Picard.
  • Remerciement à Mr Van Lierde pour les archives de sa famille et ses dons.
  • Merci à Mr Diverchy pour ses photos de vitrages St Gobain.

Verres artistiques Art déco fabrications industrielles de 1931

Mise à jour de Décembre 2022

En 1933 Saint-Gobain propose des verres artistiques extra-clairs imprimés suivant les tendances de styles plus moderne comme l’ Art déco.

Le Catalogue ci dessous à été édité par la Cie Saint-Gobain Chauny & Cirey en 1933.  Sa numérisation est uniquement destinée à l’identification des vitrages à des fins historique pour le patrimoine public ou privé. La version HD de ce document peut être télécharger après inscription gratuite à la page suivante :  Album des verres coulées

Voici ce qu’en dit leur plaquette publicitaire de l’époque du catalogue ci dessus. (Texte presque littéral)

 

Les Verres artistiques

Tout d’abord les Verres artistiques ont des dessins directement  inspirés par les tendances modernes du moment (L’art-déco). Ensuite Ils permettent la réalisation de vitrages s’harmonisant particulièrement avec un ensemble décoratif de haute tenue.

 

Des Vitrages Art déco

Il y a lieu peut-être d’attirer spécialement l’attention sur les verres extra clair. Les modèles Art déco (Arts Décoratifs) et Rénovum sont utilisés sous forme de bandeaux. Au besoin dans la décoration des devantures ils peuvent même remplacer la glace gravée au jet de sable, parce que son prix dans certains cas, est souvent un obstacle à son application.

(NDL: Il faut savoir que c’est dans la période Art-déco que le décor du verre par sablage connu un âge d’or puisque beaucoup de miroiteries en propose alors à des niveaux plus ou moins artistiques. On peut notamment citer l’atelier verrier Gerrer à Mulhouse)

En plus d’être dépolis au sable, certaines parties restent Claires, ces verres peuvent aussi être posés dans des feuillures légères, prévues derrière la ou les glaces de devanture : Ainsi, (semble t-il) l’effet obtenu est remarquable et convient tout à fait dans les installations moyennes.

 

Des teintes extra clair et en couleur.

Pour les modèles Rénovum et Art déco ils sont uniquement coulés dans la teinte extra clair. Alors que les verres Grand Flamand, Brillant, Grand Brillant, sont fournis soit en extra-clair ou alors, dans les teintes suivantes : jaune, rose, bleue, verte et même rouge, feu et orange.

LES MODÈLES Art déco

Ces vitres extra clairs de à 4 à 6 M/M d’épaisseur et de dimensions maxima de 3600 x 1050 M/M sont fournis dans les types de dessins ci dessous :

Verres artistiques ancien art déco

Modèle Art déco

verre imprime extra clair

Grand Flamand

Verre art déco

Verre Rénovum 1

Verre extra clair grand brillant

Grand Brillant

Verre renovum art deco

Vitre Rénovum 2

Verre modele Brillant

Verre Brillant

Verre sable art deco

Imprimé N°101

Verre imprimé a facette

Vitrage Brillant

Un fragment du verre artistique Art-Déco Rénovum 2 est sauvegardé dans les collections de l’atelier. Ces vitrages sont difficiles à retrouver intacts.

Art-déco Rénoverum 2

Art-déco Rénoverum 2

fragment de vitrage art déco

Vitrage Art-déco Rénovérum

Ces photos de verres artistiques Art Déco Originaux Modèle 101 proviennent de sources différentes dans la région Puy de Dôme. D’abord des vitrages en fenêtres, ensuite des vitrages en porte d’un meuble Art déco restauré par Nadine BONNARDET Artisan d’art diplômée en peinture sur mobilier:  https://www.couleursdavant.com/.

vitrage art deco 1933

modele de vitre art deco

mobilier art déco en bois

vitre saint gobain art deco

Les Verres Opalescents

Les vitrages opalescents, sont aussi assimilés aux verres artistiques. Ils sont alors exécutés dans le dessin Grand Océanic. (Voir ci dessous). En plus d’un fond de teinte opale, tamisant la lumière, il présent même placés devant une source lumineuse assez vive, les reflets de nacre du plus heureux effet.

Ces verres de 4 à 5 M/M d’épaisseur et dont les dimensions maxima de fabrication sont 2010 x 1050 M/M se fabriquent ainsi dans les teintes blanche, beige et bleutée.

Le poids moyen approximative de ces vitrages est de 11,5 Kg par mètres carrés.

Vitrage Opalescent modele oceanic 1933

Grand Océanic

vitre modele oceanic

Océanic Bleu

verre coule oceanic

Beige Océanic

verres imprimés couleur

Océanic

SOURCES ET REMERCIEMENTS

  • Tout d’abord , mes remerciements aux Archives ST-Gobain à Blois ainsi qu’à Mr René DIVERCHY  Site web: la retro-d-aniche.com
  • Ensuite les autres sources : Album des verres coulés par le comptoir général de vente des manufactures de glaces Saint-Gobain.  – Chantereine – Cirey – Montluçon – Aniche. – Boussois – La Longueville – Chalon sur Saône.  15 Avril 1933.
  • Merci également à Mr G et à Nadine BONNARDET https://www.couleursdavant.com/ Pour leurs aimables contributions photographiques.
  • Remerciement à Denis pour le don du vitrage Rénovum 2.

Verre imprimé Chauny et Cirey

Mise à jour Décembre 2022

En image ci-dessous, un verre imprimé coulé par la compagnie Saint Gobain Chauny et Cirey à partir de 1892. Ces verres imprimés à chaud appelés aussi “verres speciaux” sont alors fabriqués par la Glacerie de Chauny dans le département de l’AISNE et celle de Cirey en MEURTHE et MOSELLE. Ces verres à vitres sont brevetés SGDG (Sans Garantie Du Gouvernement ).  Pour la photo ci dessous, il s’agit d’un “Verre imprimé filigrané N°21référencé en 1908 dans le catalogue du Miroitier CODONI à Paris.

Verre imprimé en relief transparent

Verre imprimé en relief N°21

Modèles de verre imprimé 1923

Verres coulés, vitrages armés, verres striés

Pour commencer, voici un premier document daté de 1923. Il s’agit d’un catalogue des verres coulés fabriqués par la Société des Manufactures des glaces & Produits Chimiques de Saint-Gobain Chauny & Cirey. Ce document à été numérisé afin d’aider a l’identification de vitrages, pour le patrimoine public et privé, mais aussi pour aider aux recherches historique. Il peut être télécharger en HD après inscription gratuite à la page suivante :  Bibliothèque et ressources.

IMPORTANT :

A l’heure actuelle, les vitrages imprimés ne peuvent se trouver que dans des portes anciennes vitrées et autres recyclages de menuiseries d’époque. Ils ne sont plus produits aujourd’hui.

Vitrage français 1923

Vidrio impreso France 1923.

Decor de verre en relief ancien

Chauny et Cirey vitres imprimées en relief.

Verres Spéciaux Cie St-Gobain Chauny et Cirey

Un document plus ancien de 1897

Voici un second document exceptionnel édité par la Société des Manufactures des glaces & Produits Chimiques de Saint-Gobain Chauny & Cirey. Il est en excellent état de conservation. Il présente les premiers modèles de Verres Spéciaux disponibles à la vente au 9 Rue Ste-Cécile à Paris en 1897.

Imprimés et Brevetés (SGDG – Sans Garantie du Gouvernement) ces vitrages coulés existent alors dans les dimensions allant de 81 Cm à 240 Cm de longueur pour des épaisseurs de 3 à 4 M/M. A noter qu’on y parle également de mesures courantes très probablement calquées sur les dimensions d’usages des autres vitrages existant de cette période. A ce propos il est important de préciser qu’à cette époque chaque région, voir commune, avaient leurs propres usages en terme de dimensions de fabrications de vitrages, (Mesures Nord, Midi, Lilloise…).

verres speciaux

Le verre imprimé et le verre Mousseline.

2 vitrages bien différents

Ce qui est très intéressant dans ce petit catalogue, c’est la présence qu’un comparatif publicitaire Verre imprimé / Verre Mousseline. On y vante les différents avantages du verre imprimé face à son concurrent plus ancien alors produit par les verreries industrielles. Outre les différences d’entretien et de luminosité, on retiendra surtout les différences de dimensions et d’épaisseurs.  En effet il est rare de trouver du verre mousseline de plus de 130 x 60 cm pour une épaisseur de 3 M/M au maximum.

 

Dans l’histoire de l’industrie verrière, les nouveaux procédés font disparaître les plus anciens les rendant ainsi obsolètes sur le plan technique et commercial.

 

Le verre mousseline

Premier vitrage décoratif industrialisé le verre mousseline est produit en masse à partir du milieu du 19ème siècle. Son procédé de fabrication par émaillage à chaud est intimement lié à la fabrication du verre à vitre par soufflage au canon. Le verre imprimé mousseline n’a pas de relief  ses motifs se détachent par contraste de clair-obscur à l’aspect blanc dépoli. Bon à savoir, Saint-Gobain n’a jamais fabriqué de verres mousselines dans ses glaceries.

 

Verre imprimé en relief

Par contre le verre imprimé lui est réalisé d’une toute autre manière. D’abord coulé à chaud et laminé puis imprimé de motif en reliefs par rouleaux de fontes. Ces vitres à motifs en relief laissent passer plus de lumière que les verres mousselines tout en cachant la vue. De plus, elles sont bien plus grandes tout en étant plus résistantes. Elles sont aussi colorées soit dans la masse, soit avec des émaux de couleurs. Enfin, les motifs de ces vitrages imprimés sont d’inspiration Art-Nouveau. Un style décoratif très en vogue à l’époque.

 

Le Mousselinage

Au final à partir de 1920, le verre Mousseline fini par disparaître en même temps que le soufflage de verre à vitre remplacé par l’étirage Fourcault. Le verre Mousseline perdurera quelques temps en fabrication à froid par acide ou sablage. Cette technique appelée mousselinage du verre est ainsi proposée en option sur tout types de vitrages. Quant au verre coulé imprimé il évoluera d’abord vers la coulée continue dans les années 30 et après-guerre, pour ensuite définitivement disparaître au début des années 70.

Verre mousseline vs verre imprimé

Verre Mousseline a gauche /  Verre imprimé à droite

Vitrage imprimé

Modèle de vitrage ancien

Verre a vitre ancien imprime a relief

verre imprime chenille 7 clair NON REPRODUISIBLE

Verre chenillé clair N-7

verre imprime petite marguerite NON REPRODUISIBLE

Petite marguerite

vitre imprime N-10

Verre imprimé N-10

vitre motif en relief

Verre a relief N-2

verre a relief St gobain 1908

La coulée Chance 1885 à 1890.

Une invention venue du Royaume-Uni

L’idée de donner des textures au verre plat est en fait bien antérieure  à 1892. Un des premiers vitrage texturé s’appelle le verre nommé “Cathédrale“.  D’abord coulé sur une table en fonte, un rouleau le laminait ensuite pour obtenir une glace mince. Une fois le verre raffermi a un temps donné, il était alors redressé à la verticale pour être recuit dans des carcaises (Four de recuisson lente). Une fois refroidi le verre se retrouvait translucide et déformé en surface irrégulière.

 

Verre imprimé strié

Vers 1865, un autre type de vitrage semble apparaître sous le nom de verre stié.  L’origine est anglaise, il s’agit de vitrages coulés sur table et imprimés de stries et motifs géomètriques gravés à chaud à l’aide d’un rouleau en relief. Le modèle le plus courant est a losanges, on trouve le “petit et le grand losangé”.  Ces vitrages étant plus dur, ils sont principalement utilisés dans les toitures jusqu’en 1939.

 

Les Frères Chances.

Pour le verre imprimé,  l’idée du maître de Verrerie William Edward Chance à Birmingham consiste à couler du verre en fusion entre des rouleaux pour le laminer sur le dessus et le dessous simultanément. Ainsi le vitrage laminé se retrouve poli sur le dessous, ce qui était très novateur pour l’époque. Saint-Gobain obtint en 1892 l’exclusivité pour la France de ce procédé au moins jusqu’en 1914.  A signaler que les innovations technologiques du verre en général sont très similaires des 2 cotés de la Manche tout au long du 19ème siècle.

Ancienne machine d'impression sur verre

Machine a imprimer le verre a relief en 1928

 

Pochage du verre

Pochage du verre en fusion 1928

Chauny et Cirey

Fondation 1855

La dénomination Chauny et Cirey vient de la fusion entre la compagnie de Saint-Quirin Incluant les glaceries de Cirey (Meurthe et Moselle) et Mannheim (Allemagne) avec celles de Saint-Gobain et Chauny. La société anonyme « Manufactures des Glaces et Produits chimiques de Saint-Gobain, Chauny et Cirey » naît officiellement le 11 Juin 1855*.

Chauny et Cirey Action au porteur

Manufactures des Glaces et Produits Chimiques Chauny & Cirey

Verrerie de Chauny 1911

La glacerie de Chauny en 1911

glacerie de cirey

Glacerie de Cirey 1913

La glacerie de Chauny en Bref.

Fondation 1795

Au départ le site Chauny n’est qu’un entrepôt à l’ouest de Saint-Gobain. La Compagnie y stocke d’une part ses matières premières nécessaires à la fabrication des glaces. D’une part le sable, la soude, et des terres réfractaires et d’autre part, ses expéditions de glaces brutes vers Paris. En Février 1795 le site s’agrandit avec l’acquisition des Grands Moulins de Chauny. Des machines à polir les glaces y sont ensuite installées par l’ingénieux charpentier Brancourt. En 1806 autres acquisitions avec les moulins de la Croix Saint-Claude pour de nouveaux ateliers de doucissages des glaces brutes. En 1823 l’usine de fabrication de Soude située à la verrerie de Charles-Fontaines dans la forêt de St-Gobain, est transférée à Chauny.

 

Des tables Circulaires

Par la suite tous les appareils de doucissages furent remplacés par des appareils à tables circulaires nommés « Plateformes ». Ces “tables” pouvaient atteindre un diamètre de 10 Mètres. En 1914 les usines de Saint-Gobain et Chauny étaient capable de couler et travailler plus de 270 000 Mètres carrés de glaces, y compris les vitrages spéciaux. On entend par “vitrages spéciaux” le verre imprimé à motif, les verres striés, cathédrale, armé, ou prismatique ainsi que les dalles de verres coulés pour le sol. A noter également une production de verres moulés pour l’automobile, les projecteurs ou les télescopes.

 

Une destruction pendant la grande Guerre de 1914.

Comme beaucoup de sites industriels du Nord de la France l’usine de Chauny fut complètement détruite par l’ennemi. Après la guerre le site ne fut pas reconstruit. Son industrie de production des glaces fut reprise sur le site de Chantereine sur le territoire de Thourotte dans le département de l’OISE. Par contre la glacerie de Cirey également détruite en 1914 reprendra son activité jusqu’en 1939.

 

Production vers 1923 :

  • 1 400 000 Mètres carrés de verre coulé et armés.
  • 1800 Tonnes de verres moulés ordinaire.
  • 540 tonnes de moulages en verre extra-clair…
glacerie de Chauny

Glacerie de Chauny détruite en 14-18

Les Sources

Remerciement à Denis pour les autres sources…